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Commerce international : l’Afrique du Sud consolide l’option chinoise sur fond de tensions avec Washington

Photo de Moutiou Adjibi Nourou

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Publié le 09 février 2026 à 11:30

Le président chinois Xi Jinping et le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Le président chinois Xi Jinping et le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

DR

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Photo d'illustration de l'article
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Dans un contexte de durcissement des relations commerciales avec Washington, l’Afrique du Sud accélère la diversification de ses partenariats économiques. Avec Pékin, un de ses partenaires membres des BRICS, Pretoria prépare un accord commercial offrant des tarifs préférentiels sur plusieurs produits.

Le 6 février dernier, à Pékin, l’Afrique du Sud et la Chine ont franchi une nouvelle étape dans leur relation économique avec la signature d’un Framework Agreement on Economic Partnership for Shared Prosperity, connu sous l’acronyme CAEPA. Signé par le ministre sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Compétition, Parks Tau, et son homologue chinois Wang Wentao, cet accord-cadre intervient dans un contexte international marqué par une recomposition accélérée des alliances commerciales, alors que Pretoria fait face à un durcissement notable de ses relations économiques avec les États-Unis.

Présenté par le gouvernement sud-africain comme un instrument de « prospérité partagée », le CAEPA vise à établir un cadre structurant pour approfondir les échanges commerciaux et les flux d’investissement entre les deux pays. Selon le communiqué du ministère, l’accord doit permettre de créer « un environnement stable et prévisible pour la coopération économique », tout en ouvrant de nouvelles perspectives aux entreprises sud-africaines désireuses d’accéder au vaste marché chinois.

Un accord-cadre pour sécuriser l’accès au marché chinois

Sur le fond, le CAEPA ne constitue pas encore un accord de libre-échange à part entière, mais plutôt une architecture de négociation appelée à évoluer. Pretoria et Pékin se sont engagés à travailler à un Early Harvest Agreement, c’est-à-dire un accord commercial partiel et provisoire, attendu d’ici fin mars 2026. Celui-ci pourrait introduire rapidement des préférences tarifaires, voire un accès en franchise de droits pour certaines exportations sud-africaines.

Le ministère sud-africain du Commerce souligne que cet accord ouvre des opportunités dans des secteurs jugés stratégiques, allant de l’agriculture à l’exploitation minière, en passant par les énergies renouvelables et les technologies industrielles. « À mesure que les relations entre la Chine et l’Afrique du Sud se renforcent, de nouvelles opportunités s’ouvrent pour les entreprises sud-africaines souhaitant accéder au marché chinois », affirme le communiqué, mettant en avant la volonté de mieux positionner les produits sud-africains dans les chaînes de valeur asiatiques.

Au-delà du commerce, le texte prévoit également un renforcement de la coopération en matière d’investissement et de coordination multilatérale, ainsi qu’une participation accrue de l’Afrique du Sud aux plateformes économiques chinoises, notamment la China International Import Expo (CIIE) prévue à Shanghai en novembre 2026.

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Washington en toile de fond : une diversification stratégique

La signature du CAEPA ne peut toutefois être dissociée du contexte géopolitique dans lequel elle s’inscrit. Depuis l’été 2025, les relations commerciales entre Pretoria et Washington se sont nettement tendues, à la suite de l’imposition par les États-Unis de droits de douane pouvant atteindre 30 % sur plusieurs produits sud-africains. Ces mesures ont pesé sur des secteurs clés de l’économie, accentuant la vulnérabilité d’une industrie manufacturière déjà fragilisée par les contraintes énergétiques et logistiques.

Ces décisions américaines ont agi comme un accélérateur de la stratégie de diversification commerciale de l’Afrique du Sud, poussant le pays à rééquilibrer ses partenariats extérieurs.

Dans ce contexte, la Chine apparaît comme un partenaire de poids, capable d’absorber une partie des exportations sud-africaines affectées par les restrictions américaines, tout en offrant des perspectives d’investissement dans des secteurs industriels jugés prioritaires par Pretoria. De plus, les deux pays sont membres des BRICS, une organisation de pays émergents qui cherche, ces dernières années, à contester l’hégémonie occidentale en renforçant leur coopération mutuelle.

Entre Chine et Europe, une stratégie d’équilibriste assumée

Pour autant, le renforcement des relations avec Pékin ne signifie pas un désengagement de l’Afrique du Sud vis-à-vis de l’Europe, bien au contraire. Avec 45,2 milliards de dollars d’échanges commerciaux en 2024 selon l’OMC soit 38,2 milliards d'euros, l’Union européenne (UE) est le premier partenaire commercial de la nation arc-en-ciel. Ces derniers mois, l’UE s’est d’ailleurs positionnée pour saisir les opportunités offertes par les tensions avec les USA, et a même annoncé en octobre 2025 un plan d’investissement de 11,5 milliards d’euros.

De leur côté, les autorités sud-africaines s’inscrivent aussi dans ce mouvement de rapprochement. Fin 2025, lors de discussions menées en Suisse, Pretoria a multiplié les signaux en direction des partenaires européens, cherchant à bâtir un partenariat industriel renforcé capable de soutenir ses ambitions de réindustrialisation et de montée en gamme.

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

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