Hors UE, l’Ukraine est le premier pays d’opération de la Banque européenne d’investissement (BEI), mais l’Afrique en est le premier continent, selon le Vice-président de cette institution qui - lors de son Forum au Luxembourg début mars - a braqué les projecteurs sur les projets africains, dans un contexte international mêlé d’enjeux d’énergie, de climat ou encore de guerre au Moyen-Orient. Entretien.LA TRIBUNE AFRIQUE – Pour sa quatrième édition cette année, le Forum de la BEI a accordé une place de choix au continent africain. C’est une première. Quelles en sont les raisons ?
AMBROISE FAYOLLE - Dans l’édition du Forum de cette année, il y a d'abord un certain nombre de personnalités africaines qui ont été invitées et qui participent à l'événement, comme le nouveau président de la Banque africaine de développement le docteur Sidi Ould Tah, la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, la représentante des Nations Unies pour le Sustainable Energy for All Damilola Ogundi et plusieurs autres qui ont pris la parole. C'est vrai qu’en quatre éditions de notre forum, c'est la première fois que nous avons autant de personnalités ou d'institutions africaines présentes.
La BEI vient d’investir 1 milliard d’euros dans l’initiative M300 de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) visant à donner accès à l’électricité à 300 millions d’Africains. Est-ce une manière pour l’institution de donner une dimension plus forte à son engagement envers l’Afrique ?
En réalité, cet investissement correspond aussi à une priorité de la Commission européenne dans le cadre de la volonté de l'UE de développer des énergies renouvelables en Afrique. Nous avions annoncé 2 milliards d'euros lors du sommet du G20 en Afrique du Sud. Cela répond donc à une volonté de la BEI de faire de l'Afrique une de nos priorités en dehors d'Europe. Nous avons fait à peu près 9 milliards d'euros d'activités en dehors d'Europe l’année dernière. Le premier pays d'opération, ça reste l'Ukraine. Mais le premier continent d'opération, c'est l'Afrique où nous avons fait un peu plus de 3 milliards d'euros d’activités l’an dernier. Et cela correspond à des projets qui viennent en soutien aux grandes priorités pour l'Afrique et pour l'Europe, comme la transition énergétique, la santé ou le soutien aux entreprises. De nombreuses priorités européennes sont en effet partagées par les institutions africaines.