Depuis sa mise en service en décembre 2017, l’AIBD souffre de son éloignement géographique de la capitale Dakar) et d’une accessibilité surtout routière.
Le trafic aérien connaît une forte croissance en Afrique de l’Ouest. Entre Dakar, Lagos et Abidjan notamment, la compétition est serrée pour le statut de hub aéroportuaire sous-régional.
Au Sénégal, la mise en service du tronçon du Train express régional (TER) reliant Diamniadio à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) est imminente. Un essai concluant a été effectué le week-end dernier par le président Bassirou Diomaye Faye, donnant le feu vert à l’opérationnalisation de cette liaison dont l’objectif est de réduire le temps de trajet entre la plateforme et les pôles urbains, et d’améliorer l’expérience des voyageurs.
Depuis sa mise en service en décembre 2017, l’AIBD souffre de son éloignement géographique (situé à environ 45 kilomètres du centre-ville de la capitale Dakar) et d’une accessibilité surtout routière, dépendante de l’autoroute à péage et des transports terrestres classiques.
Une fois cette connexion ferroviaire entre Dakar et son principal aéroport international lancée, la deuxième économie de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) entrera dans le cercle restreint des pays africains qui relient directement leur principal centre économique à leur aéroport international par train.
En Afrique du Sud, le Gautrain relie aussi Johannesburg et Pretoria à l’aéroport international OR Tambo, et au Maroc, l’aéroport Mohammed V de Casablanca est relié au réseau ferroviaire via le service régional de l’Office national des chemins de fer (ONCF).
Une plateforme qui veut monter en gamme
Au-delà du rail, les autorités sénégalaises ont initiée depuis quelques années pour moderniser la gouvernance et l’exploitation de la plateforme. En avril dernier, un comité ad hoc a été mis en place afin de conduire la restructuration d’Air Sénégal et de l’AIBD SA, la société de patrimoine qui représente l’État au sein de LAS (Limak - Aibd - Summa), l’exploitant de l’aéroport international Blaise Diagne de Diass.
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Plus tôt en février 2025, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) avait annoncé que les travaux de construction de la nouvelle aérogare de fret à l’AIBD devrait démarrer en 2026 pour une mise en service prévue en 2028, avec des entrepôts capables de traiter jusqu’à 80 000 tonnes de fret par an.
Déjà en mars 2024, le pays mobilisait 300 millions d’euros pour l’extension de l’AIBD. Ce financement doit permettre d’accroître de 40 % la capacité de traitement annuelle de l’aéroport pour la porter à plus de 5 millions de voyageurs, ainsi que de construire un nouveau terminal de fret. À l’horizon 2035, l’objectif est de faire de l’AIBD un hub aérien de premier plan en Afrique de l’Ouest.
Une course avec Abidjan
Cette ambition affichée est le signe d’une rivalité croissante avec l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan. Si en 2025, l’AIBD a marqué un point enregistrant 2,94 millions de voyageurs contre 2,55 millions pour la plateforme ivoirienne, la bataille est encore largement ouverte. Tout comme Dakar, Abidjan cherche aussi à s’affirmer comme un point de passage incontournable, avec un trafic largement tourné vers la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), mais aussi soutenu par quelques liaisons long-courrier, au premier rang desquelles la ligne Abidjan – Paris, opérée par Air Côte d’Ivoire, Air France et Corsair.
La dynamique industrielle et logistique de plus en plus offensive, soutenue par un programme d’extension et la création d’un centre de maintenance, réparation et révision (MRO) financé par un prêt de 35 milliards de FCFA (environ 53,3 millions d'euros) approuvé en mars dernier par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Face à cette tendance, les observateurs estiment que Dakar doit continuer à investir dans l’accessibilité, l’efficacité des services au niveau de l’AIBD tout en travaillant à améliorer la connectivité entre Dakar et les villes secondaires pour doper le trafic domestique.