Nouvelles villes, zones économiques dédiées, complexes touristiques, prolifèrent en Egypte portés par les acteurs locaux et un afflux soutenu de capitaux étrangers.
En Egypte, l’engouement pour les grands projets urbains ne faiblit pas. Entre investissements locaux et étrangers en provenance du Golfe, le pays des pharaons s’impose comme l’une des marchés les plus dynamiques pour l'immobilier en Afrique.
Un accord de partenariat été signé entre la société de promotion immobilière égyptienne MIDAR for Investment and Urban Development et le conglomérat émirati Majid Al Futtaim (MAF). Cette entente verra l'injection de 3,1 milliards USD (2,729 milliard d'euros) dans l’édification d’un centre urbain intégré à Mada City, une ville intelligente de 25 km² actuellement en construction à l’est du Caire.
Le chantier annoncé par les deux partenaires s’étendra sur 232 hectares et sera réalisé en deux phases. La première, prévue sur quatre ans, couvrira 84 hectares et comprendra environ 6 000 logements, un quartier d’affaires, des espaces commerciaux et des unités hôtelières. Une seconde phase ajoutera 126 hectares, tandis qu’environ 24 hectares seront réservés à un pôle commercial et de loisirs.
Selon, Ayman Elkousey, directeur général et CEO de MIDAR for Investment and Urban Development, le projet sera basé sur un modèle de partage des revenus, avec une valeur future supérieure à 40 milliards de livres égyptiennes (709 millions d'euros) attendue pour MIDAR.
Dynamique des grands projets urbains
Ce projet vient prolonger une tendance qui façonne depuis quelques années le paysage urbain égyptien. Dans le pays le plus peuplé de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), les chantiers d’envergure prolifèrent (nouvelles villes, zones économiques dédiées, complexes touristiques, etc.) portés par les acteurs locaux et un afflux soutenu de capitaux étrangers, en particulier venus des pays du Golfe.
Déjà en avril dernier, le promoteur immobilier local Talaat Moustafa Group (TMG) avait dévoilé un nouveau projet de ville baptisé The Spine, à l’est du Caire, pour un investissement de 1 400 milliards de livres égyptiennes (environ 24,81 milliards d'euros). La cité, qui s’étendra sur environ 2,4 km², sera conçue comme un complexe urbain intégré qui réunira des logements, des bureaux, des espaces commerciaux, des hôtels, des zones de loisirs, des centres de vente au détail et de vastes espaces verts publics, lesquels devraient représenter plus de 70 % de la superficie totale.
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La ville, qui comptera aussi plus de 160 tours dédiées au résidentiel, devrait générer 818 milliards de livres égyptiennes (environ 14,5 milliards d'euros) de recettes fiscales pour l’État, grâce aux impôts sur les sociétés, à la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), aux taxes foncières et aux autres prélèvements liés aux activités économiques qui y seront implantées.
En novembre 2025, Qatari Diar, branche immobilière du fonds souverain du Qatar avait annoncé son intention d’investir près de 30 milliards USD (environ 26,42 milliards d'euros) dans un complexe touristique haut de gamme à Alam Al-Roum situé dans le gouvernorat de Matrouh. Développé avec l’Autorité des nouvelles communautés urbaines (NUCA), le projet doit couvrir environ 20,2 km².
Plus tôt en février 2024, un accord d’investissement a été signé entre Le Caire et les Émirats arabes unis, via le fonds souverain d’Abou Dhabi, ADQ. Ce partenariat permettra de développer le mégaprojet de développement urbain de la péninsule égyptienne de Ras El-Hekma, à environ 350 kilomètres au nord-ouest de la capitale égytienne. Le projet doit s’étendre sur 170 km² et accueillir, à terme, jusqu’à 2 millions d’habitants pour un investissement record de 35 milliards USD (environ 30,82 milliards d'euros).
Des enjeux importants pour l’État
Au-delà de la dimension immobilière, ce projet à des implications concrètes pour le gouvernement égyptien qui veut relancer l’investissement, soutenir l’activité privée et créer des emplois. Les autorités ont déjà engagé la construction de nombreuses nouvelles villes, dont la Nouvelle capitale administrative, New Alamein, New Mansoura pour mieux planifier l’extension urbaine.
En octobre 2025, l’Égypte a d’ailleurs officialisé une stratégie nationale pour les villes intelligentes, qui vise à faire des technologies de la donnée, de la connectivité et de la gestion urbaine un outil de modernisation administrative et de compétitivité territoriale. En outre, l’afflux de projets privés et de capitaux dans les nouveaux centres urbains permet à l’État de réduire la pression sur les budgets publics et de se positionner comme l’une les principales destinations africaines pour les investisseurs du Golfe.