Automobile : l’industrie kenyane obtient un soutien de 150 millions d'euros du Japon

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Le montant servira à appuyer l’assemblage de véhicules et le renforcement des capacités techniques des usines existantes.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Le montant servira à appuyer l’assemblage de véhicules et le renforcement des capacités techniques des usines existantes.
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Les autorités kenyanes viennent de mobiliser un financement japonais de 22,1 milliards de shillings kenyans (environ 150,26 millions d'euros). Soutenu par Nippon Export and Investment Insurance (NEXI), ce mécanisme de prêt vise à accélérer la montée en puissance de l’industrie automobile locale.
Dans les détails, le montant servira à appuyer l’assemblage de véhicules, le renforcement des capacités techniques des usines existantes et la mise à niveau des infrastructures industrielles et logistiques. Il soutiendra également la mise en œuvre de la National Automotive Policy adoptée en 2019, qui prévoit une bascule progressive du modèle fondé sur les importations de véhicules d’occasion vers une production locale à plus forte valeur ajoutée.
Ce soutien japonais intervient dans le prolongement des engagements pris lors de la visite d’État du président William Ruto au Japon en 2024, au cours de laquelle un accord majeur avait été signé avec Toyota Tsusho. Cet accord prévoit la mise en place d’une unité de fabrication et d’assemblage de véhicules au Kenya, avec un investissement initial de 800 millions de shillings kenyans (environ 5,44 millions d'euros) dans les installations de la Kenya Vehicle Manufacturers (KVM) à Thika.
L’idée est de développer une plateforme industrielle capable d’accueillir la production de véhicules utilitaires, de bus, de pick-up, mais aussi, progressivement, de modèles hybrides et électriques. Plus largement sur ces dernières années, le secteur automobile kényan a gagné en visibilité grâce à plusieurs initiatives d’assemblage de véhicules électriques. En octobre 2025, la Kenya Electricity Generating Company (KenGen) a mis en service cœur du parc d’énergie verte d’Olkaria dans le comté de Nakuru, une usine d’assemblage pour ce type de véhicules, capable de produire 50 000 unités par an.
Plus tôt en août, la KVM relançait la production de modèles Volkswagen dans son usine, marquant une nouvelle tentative du constructeur allemande de reconquérir des parts de marché dans un secteur dominé par les véhicules d’occasion importés. Le mouvement s’accélère aussi du côté des investisseurs asiatiques. Des constructeurs chinois comme Chery, Jetour et Dongfeng ont également annoncé des projets d’assemblage local, y compris pour des véhicules électriques, avec des partenariats à Nairobi et Mombasa.
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Globalement, selon les données du Bureau kényan des statistiques (KNBS), la performance du secteur s’est nettement améliorée en 2025, avec une production locale de véhicules assemblés en hausse de 18,5% à 13 692 unités, après un ralentissement marqué en 2024.
En parallèle, le gouvernement a renforcé le cadre réglementaire et incitatif pour accompagner le segment de l’assemblage local, né il y a près de quatre décennies, mais fragilisé par les vagues de libéralisation des années 1990. Dans le pays, la National Automotive Policy présentée en 2019 vise 50 000 véhicules assemblés localement par an d’ici 2030.
Cette feuille de route s’accompagne d’incitations plus favorables au contenu local, avec des projets de loi liant des avantages fiscaux à l’approvisionnement local en pièces, une mise à jour des standards pour améliorer la qualité et freiner la concurrence des véhicules d’occasion vieillissants, et des incitations fiscales pour les véhicules assemblés localement, comme l’exemption du droit d’importation de 35 % et du droits d’accise compris entre 20 et 35%.
A cela s’ajoute l’application de la directive « Buy Kenya, Build Kenya », qui consiste à favoriser l’achat et l’utilisation de biens produits localement, afin de soutenir l’industrie kényane.
Espoir Olodo, Agence Ecofin