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AGOA prolongé jusqu’en 2026 : un répit fragile pour l’industrie textile du Lesotho

Olivier de Souza, Agence Ecofin

Publié le 09 février 2026 à 15:50

Les exportations de textiles vers les États-Unis représentent environ 10% du PIB du pays.

Les exportations de textiles vers les États-Unis représentent environ 10% du PIB du pays.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La prolongation de l’AGOA jusqu’en 2026 met fin à des mois d’incertitude pour plusieurs économies d’Afrique. Au Lesotho, très dépendant du marché américain pour ses exportations textiles, ce sursis apporte un soulagement sans résoudre les fragilités d’un secteur affaibli par les hausses tarifaires.

Le 3 février dernier, le président américain Donald Trump a signé une loi prolongeant jusqu’au 31 décembre 2026 le programme permettant aux pays d’Afrique subsaharienne éligibles d’exporter plus de 1 800 produits vers les États-Unis en franchise de droits de douane. Cette décision intervient après l’expiration du dispositif fin septembre 2025 et dans un contexte de durcissement de la politique commerciale américaine. En avril 2025, Trump avait instauré des tarifs réciproques basés sur l’écart entre les exportations d’un pays vers les États-Unis et ses importations depuis ceux-ci.

Le Lesotho, qui avait exporté pour 237 millions de dollars (201 millions d’euros) vers les États-Unis en 2024 tout en n’important que 2,8 millions de dollars (2,3 millions d’euros), avait été frappé par des droits de douane pouvant atteindre 50%, avant d’être ramenés à 15%. D’autres partenaires africains ont également subi des hausses tarifaires dans le cadre de la stratégie « America First ».

Cette décision constitue un soulagement pour le royaume enclavé d’Afrique australe. L’industrie textile, principal secteur exportateur représentant 10 % du PIB du pays, repose largement sur le marché américain. Les exportations de vêtements bénéficiaient d’un accès privilégié grâce à l’AGOA, favorisant l’implantation d’usines travaillant pour des marques internationales comme Levi’s, Reebok ou Fabletics.

Chocs commerciaux et ralentissement économique

Cependant, la période d’incertitude provoquée par l’expiration de l’AGOA et l’introduction de nouveaux droits de douane a déjà produit des effets significatifs. Plusieurs entreprises ont réduit leur production, certaines fonctionnant à moins de 30 % de leurs capacités, tandis que d’autres ont suspendu leurs activités. En juin 2025, la Banque centrale du Lesotho a révisé à la baisse ses prévisions de croissance, estimant désormais 1,1% pour 2025 et 0,9% pour 2026, soit un point de pourcentage de moins chaque année.

Le pays compte entre 40 000 et 50 000 travailleurs du textile, majoritairement des femmes, dans une économie où le chômage dépassait 30 % en 2024. Les autorités estiment que sans cadre commercial stable, des dizaines de milliers d’emplois pourraient être menacés, ce qui constituerait un choc social majeur pour une population de 2,3 millions d’habitants.

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Dépendance commerciale et défis futurs

Au Lesotho, cette dépendance souligne la fragilité d’un modèle économique fortement centré sur un seul marché. Dès juillet 2025, le pays avait déclaré l’« état de catastrophe nationale », en raison des taxes américaines qualifiées de « paralysantes », pour l’économie.

La prorogation limitée à un an reflète les orientations de la politique commerciale américaine actuelle. Washington entend réviser en profondeur l’AGOA afin de l’aligner sur la doctrine « America First ». Les responsables américains ont indiqué que les pays africains devront offrir un meilleur accès à leurs marchés aux produits américains pour continuer à bénéficier du régime préférentiel. Cette évolution introduit une incertitude structurelle pour les économies dépendantes du dispositif, en réduisant la visibilité des entreprises et en freinant les investissements productifs.

Pour le Lesotho, l’enjeu est désormais d’obtenir un cadre commercial plus stable avec les États-Unis et d’accélérer la diversification de ses partenaires commerciaux afin de réduire cette dépendance. À défaut, la prorogation de l’AGOA jusqu’en 2026 pourrait ne constituer qu’un sursis temporaire pour une industrie textile déjà fragilisée par les chocs commerciaux internationaux.

Olivier de Souza, Agence Ecofin

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