La production kenyane de mangues s’est établie en moyenne à près de 783 000 tonnes par an entre 2019 et 2023 avec comme locomotives les régions de Makueni, Machakos et Embu
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Le Kenya veut conquérir le marché britannique des mangues
Au Kenya, le secteur horticole est l’un des plus dynamiques du continent africain. À côté de l’avocat qui est le produire phare de cette industrie à l’export, les autorités affichent des ambitions de relance des ventes d’autres fruits comme la mangue.
Au Kenya, la filière mangues entend se faire une place sur le marché britannique des mangues. Le 20 décembre dernier, le pays y a officiellement expédié sa première cargaison de mangues pomme (Apple Mango), variété appréciée pour sa forme arrondie.
« Ce lancement illustre l’empreinte croissante du Kenya sur les marchés d’exportation à forte valeur ajoutée et reflète une solide collaboration entre les agences gouvernementales, les partenaires de développement et le secteur privé pour stimuler les exportations agricoles », souligne le ministère kenyan du Commerce, des Investissements et de l’Industrie dans un communiqué.
Un marché à fort potentiel
Si le volume exact de cette expédition n’a pas été communiqué, le choix du Royaume-Uni n’est pas anodin. Connu pour être une destination clé pour les fleurs coupées kenyanes (deuxième débouché après les Pays-Bas), le pays européen est aussi un marché dynamique pour les mangues.
Selon les données compilées sur la plateforme Trade Map, le pays est le troisième importateur de mangues en Europe, derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. Entre 2020 et 2024, les importations britanniques ont atteint en moyenne près de 81 000 tonnes par an, pour une valeur annuelle avoisinant 220 millions de dollars (188 millions d'euros).
La demande est soutenue notamment via une forte population ethnique notamment en provenance d’Inde et du Pakistan qui se fournit dans les supermarchés et les magasins. Pour la filière kenyane, il s’agit d’une opportunité à saisir d’autant plus que la production est en forte expansion depuis quelques années.
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Selon les statistiques nationales, la production kenyane de mangues s’est établie en moyenne à près de 783 000 tonnes par an entre 2019 et 2023 avec comme locomotives les régions de Makueni, Machakos et Embu. Alors que moins de 5% de ces volumes sont aujourd’hui exportés sur les machés internationaux, l’accès au marché britannique devrait contribuer à diversifier les débouchés et mieux valoriser une filière qui reste encore largement en retrait dans l’industrie horticole comparativement à d’autres fruits comme l’avocat, star sur ce segment depuis une décennie.
Des défis à relever
Si le potentiel est réel, la percée du Kenya sur le marché britannique des mangues s’inscrit dans un contexte fortement concurrentiel. En effet, le Royaume-Uni s’approvisionne déjà auprès de fournisseurs bien installés, à commencer par le Brésil, qui représentait à lui seul 31% des importations britanniques de mangues en 2024, selon Trade Map. Le Pakistan, l’Inde et la Côte d’Ivoire figurent également parmi les acteurs majeurs, chacun comptant pour environ 8 % des volumes expédiés.
Un tel contexte exigera non seulement une différenciation à la fois sur le prix, mais aussi sur la régularité des livraisons et de la qualité. Sur ce volet, la conformité aux exigences phytosanitaires, en particulier en matière de résidus de pesticides et de lutte contre la mouche des fruits seront déterminants pour sécuriser ce débouché. En outre, la question logistique sera aussi un élément important avec des investissements qui devront être renforcés dans le conditionnement et la gestion de la chaîne du froid pour garantir la fraîcheur des fruits.
À moyen terme et long terme, les observateurs indiquent que la capacité des acteurs à faire face à ses différentes problématiques permettra de transformer cette expédition symbolique en un flux commercial régulier, capable de s’inscrire dans la durée et d’affirmer le Kenya comme un fournisseur crédible de mangues sur l’un des marchés les plus disputés du vieux continent.