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Electrification : en Afrique, le Royaume-Uni mise sur les petites centrales hydroélectriques

Photo de Louis-Nino Kansoun

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Publié le 29 mai 2026 à 12:40

L’objectif est d’installer 10 MW de nouvelles capacités de production électrique d’ici 2030.

L’objectif est d’installer 10 MW de nouvelles capacités de production électrique d’ici 2030.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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En Afrique, les investissements énergétiques s’orientent progressivement vers des infrastructures plus petites et plus décentralisées. Ce segment attire un intérêt croissant des institutions de développement, qui y voient un moyen d’élargir plus rapidement l’accès à l’électricité dans des régions encore mal desservies.

British International Investment (BII), l’institution publique de financement du développement du Royaume-Uni, a annoncé le jeudi 28 mai un financement de 20 millions USD (environ 17,2 millions d’euros) en faveur de Anzana Electric Group, afin de soutenir le développement de projets hydroélectriques « au fil de l’eau » en Afrique. Ce type d’infrastructure utilise le débit naturel des rivières pour produire de l’électricité, sans nécessiter les vastes réservoirs associés aux grands barrages traditionnels.

Le financement doit permettre à Anzana d’accélérer le développement de centrales hydroélectriques de petite et moyenne taille en Afrique de l’Est, centrale et australe. Le premier projet devrait ainsi être lancé en Zambie. Selon les deux partenaires, l’objectif est d’installer 10 MW de nouvelles capacités de production électrique d’ici 2030. Cette énergie devrait générer plus de 50 GWh d’électricité renouvelable par an pour les réseaux nationaux et les zones à forte demande. Plus de 500 emplois sont également attendus pendant les phases de construction et d’exploitation.

« L’Afrique fait face à un déficit important d’accès à l’électricité, avec près de 600 millions de personnes privées de courant […]. Grâce à ce financement, nous aidons les pays à accélérer leur transition vers les énergies renouvelables, à renforcer leurs réseaux électriques et à fournir une énergie propre et fiable à des millions de ménages », a commenté Chris Chijiutomi, directeur général et responsable Afrique chez BII.

Londres renforce sa stratégie d’investissement en Afrique

Cette opération intervient alors que le Royaume-Uni a récemment dévoilé des plans visant à renforcer sa présence économique sur le continent africain. À travers la BII, Londres prévoit de mobiliser environ 9 milliards de livres sterling (environ 10,38 milliards d'euros) en Afrique sur cinq ans, dont près de 5 milliards de livres sterling (environ 5,766 milliards d'euros) directement issus du bilan de l’institution britannique.

La logique poursuivie repose sur un principe simple : utiliser les ressources publiques pour réduire le risque perçu et attirer davantage de capitaux privés vers des marchés où les financements restent insuffisants. Dans cette approche, l’énergie figure parmi les secteurs prioritaires aux côtés des infrastructures, des services financiers ou encore des PME.

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BII soutient par exemple Mission 300, une initiative portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement visant à fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique d’ici 2030.

Un modèle encore confronté à plusieurs limites

Le projet porté avec Anzana renforce cette dynamique. Si les fonds restent modestes à l’échelle des besoins énergétiques africains, l’intérêt de l’opération réside davantage dans le modèle testé. Les petits projets hydroélectriques présentent certains avantages : coûts plus faibles, délais de construction plus courts et capacité à alimenter des zones éloignées des grands réseaux. Ils peuvent également fournir une production électrique stable, contrairement à certaines énergies renouvelables plus intermittentes.

Néanmoins, plusieurs inconnues subsistent. Le développement de ce type de projets dépend fortement de la qualité des réseaux électriques locaux, des cadres réglementaires nationaux et de la capacité des opérateurs à sécuriser des financements sur le long terme. La rentabilité de petites infrastructures hydroélectriques reste également sensible aux conditions climatiques, à l’évolution des coûts de construction et à la stabilité économique des pays concernés.

Reste enfin la question de l’effet d’entraînement recherché par Londres. British International Investment espère que ce type de financement permettra d’attirer progressivement davantage d’investisseurs privés vers des projets énergétiques africains encore jugés trop risqués. La capacité de ce modèle à changer durablement l’accès au financement pour les petites infrastructures énergétiques africaines doit encore être démontrée.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

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