Climat et économie : le FMI accorde 227 millions d’euros au Libéria pour renforcer sa résilience

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La croissance du Libéria a atteint 5,1 % en 2025, tirée principalement par l’activité minière.
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Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La croissance du Libéria a atteint 5,1 % en 2025, tirée principalement par l’activité minière.
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Le Fonds Monétaire International débloque un nouveau financement en faveur du Libéria, pour soutenir son économie, mais aussi et surtout pour l’aider à mieux résister aux chocs climatiques, désormais considérés comme un risque pour la stabilité économique dans les pays vulnérables.
Selon les détails publiés cette semaine, l’institution de Bretton Woods a approuvé un programme de financement de 21 mois en faveur du pays ouest-africain, pour un montant de 193,8 millions de droits de tirage spéciaux, soit environ 266 millions USD (environ 227,3 millions d’euros). Ce mécanisme, appelé Facilité pour la résilience et la durabilité, vise à aider les pays à renforcer leur capacité de résistance aux chocs, liés notamment au climat.
Concrètement, ces ressources doivent permettre aux autorités libériennes de financer des investissements dans des infrastructures plus résistantes, tout en consolidant leur cadre macroéconomique. L’enjeu est de limiter les effets des crises climatiques sur l’économie et de préserver la stabilité budgétaire dans un environnement international incertain.
En parallèle, le FMI a validé la poursuite du programme déjà en cours au titre de la Facilité élargie de crédit, ce qui entraîne un décaissement immédiat supplémentaire d’environ 26 millions USD (environ 22,2 millions d'euros). Ce programme, lancé en 2024, vise à restaurer la stabilité macroéconomique, sécuriser la dette publique et renforcer la gouvernance.
Le soutien du FMI s’accompagne de plusieurs priorités clairement identifiées. Les autorités doivent accroître leurs recettes fiscales, moderniser les infrastructures, renforcer le système bancaire et améliorer la transparence dans la gestion publique.
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Ce nouveau financement survient dans un contexte économique jugé globalement favorable par le FMI. La croissance du Libéria a atteint 5,1 % en 2025, tirée principalement par l’activité minière, et devrait se maintenir à un niveau comparable à court terme.
Plusieurs indicateurs témoignent d’une amélioration progressive de la situation macroéconomique. L’inflation a fortement reculé au cours de l’année 2025, tandis que le taux de change est resté relativement stable. Les finances publiques se sont également renforcées, avec un excédent budgétaire primaire supérieur aux objectifs fixés.
Si ces évolutions traduisent les effets des réformes engagées depuis plusieurs années, elles restent toutefois fragiles. « Les performances économiques ont été robustes. Toutefois, la détérioration des conditions mondiales accroît les risques à la baisse, notamment en raison de la hausse des prix du pétrole et du recul de l’aide bilatérale », a déclaré le FMI.
Alors que l’institution prévoit que la croissance économique libérienne devrait se maintenir cette année aux niveaux de 2025, le pays cherche à s’appuyer sur ses ressources naturelles pour consolider durablement cette dynamique. Au cœur de cette stratégie figure le secteur minier, qui constitue l’un des principaux piliers de l’économie.
Les mines concentrent l’essentiel des exportations, dominées par le minerai de fer et l’or. Le gouvernement a ainsi dévoilé il y a quelques mois un plan stratégique visant à porter les revenus annuels issus du secteur à plus de 3 milliards USD (environ 2,563 milliards d'euros) d’ici la fin de la décennie. Plusieurs projets d’expansion sont en cours, avec des investissements visant à augmenter fortement les volumes produits dans les prochaines années.
Dans le même temps, les autorités souhaitent revoir les règles du secteur afin de capter une part plus importante des revenus. Une réforme du Code minier est en préparation, avec l’objectif d’introduire une participation accrue de l’État dans les projets et de diversifier les sources de revenus au-delà des seules redevances.
Cette stratégie ouvre des perspectives, mais pose aussi plusieurs questions. La montée en puissance du secteur extractif peut soutenir les finances publiques, à condition que les recettes soient effectivement mobilisées et utilisées de manière efficace. Elle suppose également de maintenir un équilibre avec les investisseurs, dans un secteur où les projets nécessitent des engagements financiers lourds et de long terme.
Si le soutien du FMI peut constituer un levier pour accompagner ces ambitions, le pays devra encore prouver qu’il peut transformer cet essor en croissance durable, dans une économie toujours exposée aux chocs extérieurs.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin