Infrastructures : les françaises Matière SAS et Ellipse Projects SAS décrochent des marchés au Tchad

Pour N’Djamena, l’enjeu est double : améliorer la connectivité du territoire et renforcer les services sociaux de base.
Photo DR

Pour N’Djamena, l’enjeu est double : améliorer la connectivité du territoire et renforcer les services sociaux de base.
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En marge du sommet Africa Forward 2026 tenu à Nairobi, au Kenya, le gouvernement tchadien a signé le mardi 12 mai plusieurs protocoles d’accord avec Matière SAS et Ellipse Projects SAS, deux groupes spécialisés respectivement dans les ouvrages d’art métalliques et les infrastructures clés en main.
Ces conventions, qui portent notamment sur la construction de ponts, la création d’une unité industrielle, ainsi que la conception d’équipements sanitaires et de formation médicale, ont été paraphées côté tchadien par plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu, et le ministre des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Entretien routier, Amir Idriss Kourda.
Le premier volet concerne les infrastructures de transport. Matière SAS doit participer à la construction de 5 ponts à panneaux métalliques – notamment à Korbol, Bousso (pour relier Bousso et Mogo), Matadjana, sur le Wadi-Fira (entre Biltine et Arada) et à Kalaït – et à l’implantation, sur le territoire tchadien, d’une usine de fabrication de ponts à panneaux.
Pour un pays enclavé confronté à de fortes contraintes de mobilité intérieure, ce type d’ouvrage est crucial. Les ponts modulaires peuvent faciliter le franchissement de cours d’eau, désenclaver des zones isolées et renforcer les corridors économiques internes. Matière SAS revendique un savoir-faire ancien dans les ouvrages d’art métalliques, en béton et les solutions modulaires, avec une activité présente sur plusieurs continents.
Le second volet porte sur les infrastructures sociales. Ellipse Projects SAS est associée à la réalisation d’équipements sanitaires et de formation, notamment une cinquantaine de centres de santé dans les provinces, trois écoles d’infirmières en province et un hôpital privé français de référence internationale à N’Djamena, la capitale.
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L’entreprise européenne se présente comme spécialisée dans les infrastructures à haute valeur ajoutée technologique, en particulier les hôpitaux, les data centers et les systèmes de télécommunications. Elle intervient déjà en Afrique subsaharienne dans des projets livrés clés en main, incluant conception, structuration financière, construction et maintenance.
Ces accords s’inscrivent dans la stratégie « Tchad Connexion 2030 », présentée par les autorités comme un plan destiné à accélérer la transformation économique et sociale du pays, à attirer les investissements étrangers et à moderniser les infrastructures. Selon le document du plan, la feuille de route comprend 17 programmes et 268 projets et réformes, dont 133 considérés comme structurants.
Mais plusieurs inconnues demeurent. Les autorités tchadiennes n’ont pas communiqué les montants des investissements, le calendrier d’exécution, ni les modalités de financement. Ces éléments sont déterminants pour apprécier la portée réelle des annonces, dans un contexte où les grands projets d’infrastructures soulèvent régulièrement des questions sur l’endettement.
Pour N’Djamena, l’enjeu est double : améliorer la connectivité du territoire et renforcer les services sociaux de base. La construction de ponts peut avoir un effet direct sur les échanges, l’accès aux marchés et la circulation des biens. Les infrastructures sanitaires et les écoles d’infirmières peuvent, de leur côté, contribuer à réduire les déficits en personnel de santé et en équipements médicaux.
Ces signatures surviennent aussi à quelques semaines du Forum économique Tchad - France prévu le 15 juin 2026 à Paris, qui doit permettre de consolider les relations économiques entre le Tchad et les investisseurs français autour de projets structurants.