Le géant allemand de l’hôtellerie mise sur la progression continue du tourisme africain en déployant sept nouveaux établissements sur trois zones du continent. Cette expansion s’inscrit dans un marché en pleine croissance, portée par la hausse des arrivées internationales et l’intérêt croissant des grandes chaînes hôtelières.
L’allemand TUI Group renforce son empreinte africaine avec le lancement de sept nouveaux hôtels répartis entre trois régions du continent. L’ouverture imminente de ces établissements, annoncée dans un communiqué publié en début de semaine, intervient dans un contexte où le tourisme international connaît une progression notable en Afrique, incitant plusieurs groupes hôteliers à y renforcer leur présence.
En Afrique du Nord, trois nouveaux hôtels sont désormais intégrés au réseau de TUI en Égypte, avec le TUI Magic Life Redsina Sharm el Sheikh, le JAZ Royal Palmariva et le JAZ Palmariva Beach, doté respectivement de 521, 505 et 339 chambres. À ces ouvertures s’ajoute The Mora Sahara Tozeur, un resort de 93 chambres et villas situé en plein désert tunisien. En Afrique de l’Ouest, le groupe a choisi la Gambie pour y implanter un hôtel de 140 chambres, alors que deux nouveaux établissements à Zanzibar viendront compléter l’offre en Afrique de l’Est d’ici début 2026.
Selon Peter Krueger, membre du comité exécutif de TUI, ces ouvertures permettent au groupe d’élargir son accès à de nouveaux segments de clientèle issus de marchés émergents, tout en conservant les standards de qualité qui définissent sa marque. Avec ces implantations, TUI comptera bientôt 106 hôtels et plus de 34 000 chambres dans neuf pays africains, confirmant la place grandissante du continent dans sa stratégie.
Un marché africain en pleine expansion
La décision du groupe basé à Hanovre d’accélérer en Afrique intervient dans un contexte où le secteur touristique africain connaît un regain de croissance rarement observé au cours de la dernière décennie. Selon ONU Tourisme, l’Afrique a accueilli 74 millions de visiteurs internationaux en 2024, ce qui représente une hausse de 7 % par rapport à 2019 et de 12 % par rapport à 2023. Le continent dépasse ainsi pour la première fois son niveau d’avant la pandémie de Covid-19, soutenu par la reprise du trafic aérien, le retour des clientèles européennes et l’essor des flux intra-africains.
« L'Afrique est de plus en plus sous les feux de la rampe en tant que destination émergente pour les vacanciers. Avec ses cultures diverses, ses merveilles naturelles et son attrait croissant auprès des voyageurs internationaux, le continent devient un pôle d'attraction pour le tourisme mondial », explique TUI.
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La dynamique observée en 2024 s’est ainsi poursuivie au premier semestre 2025, avec des arrivées internationales qui ont progressé de 12 % en glissement annuel et se situent près de 20 % au-dessus des niveaux de 2019. Si la reprise post-Covid est clairement visible, le continent poursuit en réalité un essor que la pandémie a simplement ralenti. Depuis 2019, l’Afrique a attiré 105 projets greenfield, pour un total de 6,6 milliards USD dans le secteur touristique, indique l’agence onusienne chargée de développer et de promouvoir le secteur.
Dans son rapport « Tourism Investment Trends and Opportunities in Africa » publié en septembre dernier, ONU Tourisme précise que le segment de l’hôtellerie et des resorts concentre la quasi-totalité de ces investissements, avec près de 90 % des projets annoncés par les groupes hôteliers internationaux. Ce mouvement est illustré par de nouvelles implantations portées par Hyatt, Hilton et Marriott en Angola et au Maroc, par l’expansion d’Accor et Minor International au Kenya et au Zimbabwe, ou encore par les projets soutenus par les groupes chinois Shanghai Jin Jiang International et AVIC International en Guinée, au Nigeria ou en Tunisie.
Faire grandir les investissements
La dynamique est aussi alimentée par les investisseurs africains. Entre 2019 et 2024, quatorze groupes du continent ont annoncé vingt-deux projets totalisant plus d’un milliard USD de dépenses. Parmi les acteurs les plus actifs figurent RDC Properties au Botswana, CityBlue Hotels au Kenya, Onomo Hotels au Maroc et Kasada Capital Management en Afrique du Sud.
Notons que ces différents investissements sont aussi favorisés par le cadre incitatif offert par plusieurs pays africains, qui ont fait du tourisme un levier de croissance économique. En Egypte par exemple, le gouvernement veut attirer 30 millions de touristes par an à l’horizon 2031, contre 18 millions de visiteurs attendus cette année.
L’un des principaux défis du continent sera désormais de garantir que ces investissements profitent davantage aux populations locales. Le tourisme a déjà un impact socio-économique important sur le continent, générant 21% d'emplois supplémentaires par poste direct par rapport à la moyenne mondiale. Il représentait par ailleurs 3,5% du PIB africain en 2023 et a généré 7,7% de l’ensemble des exportations africaines en 2024, soit 52 milliards USD.