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Au Sénégal, une raffinerie d’huiles végétales à 91 millions d'euros pour réduire les importations

Photo de Espoir Olodo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 03 février 2026 à 14:10

L'unité implantée sur un site de 23 ha dans la zone portuaire de Sendou dispose d’une capacité de raffinage de 600 t d’huile par jour.

L'unité implantée sur un site de 23 ha dans la zone portuaire de Sendou dispose d’une capacité de raffinage de 600 t d’huile par jour.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Au Sénégal, les huiles et graisses représentent le troisième produit agroalimentaire le plus importé derrière le riz et le froment/méteil. Une situation liée à une demande croissante et à l’insuffisance des capacités de transformation locale.

Le 27 janvier dernier, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a procédé à l’inauguration d’une raffinerie d’huiles végétales alimentaires dans la zone portuaire de Sendou, dans le district de Rufisque.

Portée par l’entreprise agroalimentaire Mavamar Industries SA, l’unité a nécessité un investissement de 60 milliards FCFA (environ 91 millions d'euros). Elle est implantée sur un site de 23 hectares et dispose d’une capacité de raffinage de 600 tonnes d’huile par jour. En régime de fonctionnement continu, sa production annuelle pourrait ainsi atteindre près de 180 000 tonnes.

Un atout stratégique

Dans un communiqué officiel, les autorités ont déclaré que l’usine permettra notamment de transformer sur place des huiles brutes issues de différentes filières – arachide, palmier à huile et autres oléagineux – en produits finis destinés au marché intérieur, mais aussi à celui sous-régional, qui affiche un déficit structurel en huiles végétales.

Sur le plan local, les enjeux sont importants. Alors que le gouvernement promeut une politique d’autosuffisance alimentaire, cette unité industrielle devrait participer à remplacer progressivement les importations d’huiles et à répondre à une demande intérieure en constante progression. Dans le pays de la Teranga, la consommation d’huiles et de graisses connaît en effet une hausse soutenue, portée par la croissance démographique, l’urbanisation rapide et l’évolution des habitudes alimentaires. Une tendance qui a fourni un terreau fertile à la croissance des achats à l’étranger sur la dernière décennie, en raison notamment de la faiblesse des capacités locales.

D’après les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les importations d’huiles et de graisses animales et végétales sont passées de 153 826 tonnes en 2015 pour une valeur de 71,7 milliards FCFA (environ 109 millions d'euros) à 240 288 tonnes, qui ont coûté 107 milliards FCFA (environ 163 millions d'euros) en 2024.  Sur cette période, la denrée est devenue le 3e produit agroalimentaire le plus importé après le riz et le froment/méteil.

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La montée en puissance de capacités locales de raffinage offre l’opportunité de réduire cette dépendance extérieure dans un contexte international marqué par la volatilité des prix des huiles végétales, et de limiter le déséquilibre de la balance commerciale agricole.

Une opportunité industrielle pour la filière arachidière

L’entrée en service de la raffinerie survient en outre à un moment critique pour la filière arachidière sénégalaise. Pour la campagne 2025/2026, la production nationale est attendue à plus de 900 000 tonnes, un niveau qui renforce la pression sur les capacités locales de transformation et de commercialisation. Face à cet enjeu, le gouvernement a récemment demandé à la Société nationale de commercialisation des oléagineux (SONACOS), principal acteur public du secteur, de relever fortement son objectif d’achat d’arachides, le portant de 250 000 à 450 000 tonnes.

Une ambition accueillie avec prudence par les organisations paysannes, alors que les volumes effectivement collectés par la SONACOS restent, à ce stade, largement en deçà des objectifs annoncés. Quoiqu’il en soit, la raffinerie de Mavamar apparaît comme un vecteur de propulsion pour le secteur arachidier sénégalais, et devrait renforcer le tissu industriel local. Dans le pays, la filière est la principale source de revenus pour les populations en milieu rural, et occupe près du tiers des superficies cultivables selon les données de la Banque mondiale.

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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