L'Impact Citizenship Programme, programme d'attractivité des investissements directs étrangers, privilégie les secteurs du logements, des EnR ou du tourisme.
Annoncé fin septembre, le partenariat entre le Botswana et Arton Capital vise à monter un programme de citoyenneté par l’investissement destiné à attirer des capitaux étrangers. L'initiative s’inscrit dans la stratégie de diversification économique d’un pays confronté au ralentissement de son secteur diamantifère.
Le gouvernement du Botswana a signé en septembre un mémorandum d’entente avec la société de conseil financier Arton Capital pour concevoir son « Impact Citizenship Programme ». Présenté comme un instrument pour attirer des capitaux étrangers, le mécanisme consiste notamment à octroyer la nationalité botswanaise à une certaine catégorie d’investisseurs.
« Ce programme pionnier permettra non seulement d’attirer des investissements de qualité, mais aussi de générer un impact immédiat et tangible pour les Batswana, notamment dans le secteur du logement » dit Arton Capital dans son communiqué. Outre le logement, l’initiative vise à stimuler les flux dans le tourisme, les énergies renouvelables, les mines ainsi que les services financiers, avec pour ambition de hisser le passeport botswanais au premier rang africain d’ici 2027.
Le projet survient dans un contexte économique quelque peu tendu. Après une croissance de 5,5% en 2022, le PIB a ralenti à 3,2% en 2023 avant de reculer de 3% en 2024 sous l’effet de la baisse de la production de diamants. Le FMI prévoit encore une contraction de -0,4% en 2025, avant un redressement progressif.
La dépendance du pays au secteur diamantifère, qui représente l’essentiel de ses recettes d’exportation, souligne l’urgence de diversifier la base productive. D’après la CNUCED, les entrées d’investissements directs étrangers (IDE) se sont effondrées de 72% en 2023, tombant à 198 millions USD (171 millions d'euros) contre 798 millions USD en 2022 (690 millions d'euros).
Des partenaires européens déjà bien positionnés
L’Europe apparaît bien placée pour tirer profit de ce nouveau guichet. Les échanges commerciaux entre les deux parties s’élevaient encore à 910 millions d'euros en 2024, dont 761 millions d'euros d’exportations botswanaises vers l’UE, dominées à plus de 90% par les diamants. Selon la Banque centrale, le Vieux continent détient aussi la part la plus importante du stock d’IDE au Botswana, estimée à 59% (soit environ 3,3 milliards d'euros) avec en tête le Royaume-Uni et la France.
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Les contours de l’Impact Citizenship Programme restent toutefois flous : les critères d’éligibilité, la nature des investissements admissibles et les modalités d’octroi de la citoyenneté ne sont pas encore connus. Le site officiel du programme mentionne une fourchette comprise entre 60 500 et 78 000 euros, mais ce seuil n’a pas encore été confirmé par les autorités.
Les investisseurs devraient dans tous les cas pouvoir s’appuyer sur les réformes mises en œuvre ces dernières années pour améliorer le climat des affaires au Botswana. Le gouvernement a poursuivi une stratégie de libéralisation du commerce extérieur, caractérisée par des droits de douane modérés et une égalité de traitement entre entreprises locales et étrangères.
Il a aussi créé le Botswana Investment and Trade Centre (BITC), un guichet unique chargé de centraliser les services aux investisseurs, de promouvoir les opportunités et de simplifier les démarches administratives.