Or : comment les investissements miniers portent la filière au Zimbabwé

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Le Zimbabwe vise 12 milliards de dollars de revenus miniers annuels, dont 4 milliards attendus du seul secteur aurifère.
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Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Le Zimbabwe vise 12 milliards de dollars de revenus miniers annuels, dont 4 milliards attendus du seul secteur aurifère.
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La société britannique Ariana Resources a publié le 26 mai dernier les résultats d'une étude de préfaisabilité révisée pour son projet Dokwe au Zimbabwe. Un investissement initial de 164 millions de dollars soit 141 millions d’euros est annoncé pour construire une mine capable de livrer jusqu’à 100 000 onces d’or par an. Dokwe fait ainsi partie des projets qui soutiennent la montée en puissance du secteur aurifère zimbabwéen ces dernières années.
Le Zimbabwe est le deuxième producteur d’or d'Afrique australe, devancé uniquement par l’Afrique du Sud. Longtemps dominé par les mineurs artisanaux, le pays a vu sa production d'or progresser de façon quasi continue depuis 2023. Après 30,1 tonnes cette année-là, elle a progressé à 36,48 tonnes en 2024 avant d'atteindre un niveau record de 46,7 tonnes en 2025, en hausse de 17%, selon Fidelity Gold Refinery (FGR), filiale de la Banque centrale et seul acheteur officiel d'or du pays.
Alors que l'objectif fixé conjointement par le ministère des Mines et la FGR pour 2026 est de 50 tonnes d’or, les livraisons cumulées s'établissent déjà à environ 12,6 tonnes sur les quatre premiers mois de l'année. La trajectoire de croissance de la production d’or à moyen terme au Zimbabwe repose sur plusieurs projets industriels qui progressent simultanément.
Le projet Dokwe d'Ariana Resources peut livrer en moyenne 80 000 onces d’or par an durant une première phase d’exploitation de 12 ans. Alors qu’une étude de faisabilité définitive est attendue au premier trimestre 2027, le projet Bilboes de Caledonia Mining en dispose déjà. Publiée en novembre 2025, elle prévoit une production d'environ 200 000 onces par an à partir de 2029, avec le démarrage de la construction prévue plus tard cette année.
À ces deux projets s'ajoute l'effort d'investissement du fonds souverain zimbabwéen Mutapa Investment Fund, via sa branche opérationnelle Mutapa Gold Resources. Celle-ci détient plusieurs mines d’or dans le pays, dont Freda Rebecca et Shamva, et a annoncé mi-mai un programme de forage pour prolonger leur durée de vie d'une décennie. La société cherche par ailleurs à mobiliser 250 millions de dollars (215 millions d’euros) afin d’augmenter sa capacité de production d’or.
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La convergence de ces investissements intervient dans un contexte de prix en hausse. Selon le World Gold Council, le prix de référence de l’or a établi 53 records en 2025, avec un prix moyen annuel de 3 431 dollars l’once, en hausse de 44% sur un an. Pour les compagnies minières, cette envolée améliore les marges, accélère le retour sur investissement et rend plus attractifs des projets longtemps freinés par le coût du capital ou la perception du risque pays.
Les compagnies bénéficient par ailleurs d’une situation réglementaire favorable, car la hausse de la production d’or et des revenus qui en découlent servent un objectif d’Etat plus large dans le secteur minier. Le gouvernement zimbabwéen a fixé depuis 2023 une cible de 12 milliards de dollars (10,3 milliards d’euros) de revenus miniers annuels, avec un rôle prépondérant pour l’or, dont la contribution prévue est de 4 milliards de dollars. Le rôle de l’or au Zimbabwe va même au-delà des recettes d'exportation. La monnaie locale zimbabwéenne, le ZiG, est partiellement adossée à des réserves d'or physique gérées par la Reserve Bank of Zimbabwe. Renforcer la production industrielle d'or constitue donc un levier monétaire autant qu'un enjeu budgétaire et fiscal pour Harare.
Pour maintenir cette dynamique de croissance, le gouvernement s’attèle à entretenir un climat des affaires stable. Fin 2025, les autorités ont ainsi renoncé à doubler la redevance sur l’or pour les prix compris entre 2 501 et 5 000 dollars l’once, après les réserves des compagnies minières. L’augmentation ne doit finalement s’appliquer qu’au-delà de 5000 dollars l’once. Le secteur artisanal, qui a fourni 34,9 tonnes sur les 46,7 tonnes produites en 2025, doit également poursuivre sa formalisation, afin de mieux contribuer aux recettes minières.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin