Au Ghana, le système semencier reste dominé par l'informel, qui s’appuie sur les échanges entre agriculteurs locaux et la conservation des semences d’une campagne à l’autre.
En Afrique de l’Ouest, le système semencier reste largement dominé par le segment informel. Plusieurs pays travaillent depuis quelques années à amélioration la régulation de cette industrie, dont le rôle est important pour la sécurité alimentaire.
Au Ghana, le Conseil national des semences a officiellement été installé le jeudi 25 juin dans la capitale Accra. Rattaché au ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture (MoFA), cet organe est appelé à jouer un rôle central dans la gouvernance du secteur semencier, en conseillant les autorités sur les orientations à suivre, en supervisant la régulation de la filière et en veillant au respect des normes de production, de certification et de distribution.
« Le Conseil national des semences devrait jouer un rôle déterminant dans l’amélioration de l’accès des producteurs à du matériel végétal de qualité, tout en contribuant au renforcement de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire au Ghana », explique dans un communiqué, le MoFA.
Un segment en quête de structuration
Derrière cette réforme institutionnelle, les autorités cherchent à encadrer un segment stratégique qui affiche encore des fragilités. Si le secteur semencier a été privatisé depuis 1990, le système formel qui concerne la production et la commercialisation de semences commerciales certifiées reste en retrait.
En effet dans l’ex-Gold Coast comme dans la plupart des pays de la sous-région, le système semencier reste dominé par le segment informel qui s’appuie sur les échanges entre agriculteurs au niveau local, les achats sur les marchés et la conservation des semences d’une campagne à l’autre. Cette filière joue un rôle central dans l’approvisionnement et fournit près de 80 % des principales semences utilisées dans le pays. Dans un tel contexte, le Conseil est attendu sur le front de l’organisation de ce segment avec des interventions pour rendre la semence certifiée plus visible, plus accessible et plus crédible auprès des exploitants.
Plus globalement, l’instance publique vient compléter la liste des organisations déjà présentes dans le paysage semencier ghanéen. Il s’agit notamment de la Division de l’inspection des semences du Ghana (GSID) chargée d’inspecter et de certifier les semences à chaque étape de leur production et l’Association nationale du commerce des semences du Ghana (NASTAG), créée en novembre 2015 qui représente l’Association des producteurs de semences du Ghana, l’Association des commerçants de semences du Ghana et l’Association ghanéenne des distributeurs d’intrants agricoles.
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Des enjeux importants pour l'autosuffisance alimentaire
Dans le pays, un système semencier plus fiable, plus transparent et plus performant serait un atout majeur pour accompagner l’essor de l'agriculture. L’accès des producteurs à un matériel végétal de qualité constitue en effet un levier essentiel pour améliorer les rendements face à la variabilité climatique, à l’appauvrissement des sols et à la hausse continue des besoins alimentaires dans le pays.
Face à une demande intérieure qui progresse plus vite que l’offre en semences certifiées pour les cultures de base importantes comme le maïs, le riz, le niébé, le soja, le sorgho et l’arachide, les autorités ont affiché sur ces dernières années, leur volonté de réduire la dépendance aux importations. L’objectif est d’appuyer davantage les capacités locales de sélection et de production, afin de limiter la sortie de devises, de soutenir les acteurs nationaux et de disposer de semences mieux adaptées aux conditions agro-écologiques du pays.
Plusieurs initiatives ont déjà été engagées dans ce sens en collaboration avec des partenaires internationaux. Dans la filière rizicole, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) a annoncé en mai dernier un financement de 3 millions USD (environ 2,6 millions d'euros) pour soutenir la construction d’une unité moderne de production de semences dans le nord du pays.
De son côté, le Programme coréen pour l’agriculture internationale (KOPIA) a lancé dès 2023 un projet de 27 millions USD (environ 23,7 millions d'euros) visant à valoriser 100 hectares de terres agricoles mécanisées et irriguées, pour produire plus de 1 200 tonnes de semences de riz de qualité par an.