Le CA du groupe a progressé de 18 % pour atteindre près de 877 millions €, tandis que la valeur brute des marchandises a progressé de 14 % pour s’établir à 1,754 milliard €.
Le commerce électronique n’est plus un marché de niche en Afrique du sud : il représente désormais près de 1 rand sur 10 dépensé dans le commerce de détail. Avec l’arrivée d’Amazon, Shein et Temu, les acteurs locaux doivent défendre leurs positions, tout en cherchant à rendre leur modèle rentable.
Le sud-africain Takealot Group a annoncé le lundi 29 juin son premier bénéfice opérationnel ajusté sur un exercice complet. Le groupe détenu par le conglomérat Naspers a dégagé un bénéfice ajusté avant intérêts et impôts de 11 millions USD (environ 9,65 millions d’euros) pour l’exercice clos le 31 mars, contre une perte de 13 millions USD (environ 11,4 millions d'euros) un an plus tôt.
« Le fait que Takealot Group atteigne la rentabilité sur un exercice complet est un moment décisif pour l’économie numérique sud-africaine […] », a commenté Phuthi Mahanyele-Dabengwa, directrice exécutive de Naspers.
Des commandes en hausse et une logistique mieux valorisée
Dans le détail, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 18 % pour atteindre 1 milliard USD (environ 876,92 millions d'euros), tandis que la valeur brute des marchandises (montant total des ventes réalisées) a progressé de 14 % pour s’établir à 2 milliards USD (environ 1,754 milliard d'euros). Le groupe revendique désormais plus de 6,2 millions de clients actifs et plus de 60 millions de commandes passées sur ses plateformes au cours de l’exercice.
Takealot.com, la plateforme généraliste du groupe, reste son principal moteur. Sa valeur brute des marchandises a augmenté de 15%, tandis que ses revenus ont progressé de 19% à 906 millions USD (environ 794,4 millions d'euros). La plateforme à la demande Mr D, qui dessert restaurants, épiceries et autres commerces, a aussi vu son chiffre d’affaires augmenter de 11 % à 138 millions USD (environ 121 millions d'euros).
Pendant ce temps, Takealot Fulfilment Solutions, son activité destinée à proposer des services logistiques à des clients externes, a enregistré une croissance de 93,5 % de ses revenus sur un an. Si cette activité est beaucoup plus récente, elle montre l’intérêt du groupe pour la monétisation de ses capacités d’entreposage, de traitement des commandes et de livraison.
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Un marché plus vaste et plus disputé
Ces résultats s’inscrivent dans un marché sud-africain de l’e-commerce en forte croissance. En septembre dernier, le rapport « Online Retail in South Africa » du cabinet de recherche World Wide Worx tablait sur un chiffre d’affaires de 130 milliards de rands (environ 6,94 milliards d’euros) pour le secteur en 2025, contre moins de 10 milliards de rands (moins de 534 millions d'euros) dix ans plus tôt.
Le document estime que le commerce en ligne représente désormais près d’un rand sur dix dépensé dans le commerce de détail en Afrique du Sud. La croissance du secteur a été accélérée par la pandémie de Covid-19, mais elle s’étend désormais à plusieurs catégories de produits, dont la mode, l’alimentaire, la beauté et les équipements de maison.
Cette évolution attire de nouveaux concurrents. Amazon.co.za a été lancé en mai 2024 avec un catalogue initial de 150 000 produits, avant de s’étendre à d’autres catégories comme l’alimentation, les produits pour animaux et les compléments de santé. Dans la mode, Shein et Temu ont également gagné du terrain et occupent désormais une place importante dans les ventes en ligne du secteur.
Les grands distributeurs sud-africains renforcent aussi leurs canaux numériques. Shoprite, Pick n Pay, Woolworths, Foschini et Truworths figurent parmi les enseignes locales citées par le rapport pour leurs performances dans la vente en ligne. L’arrivée de fournisseurs de technologies comme l’indien Fynd, qui a annoncé en décembre 2025 son entrée en Afrique du Sud avec Surtee Group comme premier client africain, illustre aussi la digitalisation progressive du commerce de détail traditionnel.
Pour Takealot, le défi sera désormais de confirmer ce premier bénéfice opérationnel ajusté. Dans un marché devenu plus concurrentiel, le groupe devra continuer à faire croître ses commandes tout en maîtrisant ses coûts logistiques, la qualité d’exécution et la fidélisation des clients.