Admission en Bourse de quatre entreprises publiques au Caire dans le cadre du programme de privatisations suivi de près par le FMI et la Banque mondiale.
L’entrée en Bourse de trois sociétés pétrolières publiques ne relève pas seulement d’une opération financière. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de privatisation, au cœur des engagements économiques de l’Égypte avec ses partenaires internationaux.
En Égypte, trois entreprises publiques de l’industrie pétrolière et une quatrième opérant dans le secteur touristique viennent d’être admises sur la bourse locale. Si le ministre du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, a présenté l'opération comme une étape historique pour le secteur, elle constitue surtout l’un des chantiers d'un programme de cessions destiné à desserrer l'emprise de l'État sur l'appareil productif égyptien.
L’Egyptian Exchange (EGX) a fait sonner les cloches dimanche 28 juin pour marquer l’admission d’Engineering for the Petroleum and Process Industries (ENPPI), Petroleum Marine Services (PMS) et Egyptian Linear Alkyl Benzene Company (ELAB), aux côtés d’Al-Maamoura for Reconstruction and Tourism Development. ENPPI est l’un des grands bureaux d’ingénierie du secteur énergétique égyptien, mobilisé sur la conception et le pilotage de projets pétroliers, gaziers et industriels. PMS occupe une place centrale dans les services maritimes, les travaux offshore et les infrastructures liées aux activités en mer. ELAB, de son côté, intervient dans la pétrochimie.
Au cours de la cérémonie symbolique marquant cette admission, le discours officiel a insisté sur la modernisation financière. Les sociétés cotées pourront accéder à de nouveaux financements, améliorer leur gouvernance et préparer leur expansion en Égypte comme à l’étranger. Mais l’enjeu dépasse ces sociétés, puisque le gouvernement a annoncé son intention de faire entrer plusieurs dizaines d’entreprises publiques sur le marché, dans le cadre d’un agenda de désengagement suivi de près par le Fonds monétaire international (FMI).
Un signal attendu par le FMI
Pour l’institution de Bretton Woods, la question n’est pas seulement de vendre des participations publiques pour générer des recettes. Dans un rapport publié en juillet 2025, le FMI insistait sur la nécessité pour l’Égypte de passer à un nouveau modèle de croissance, dans lequel le secteur privé deviendrait le principal moteur de l’activité. Cela suppose de réduire sensiblement la présence de l’État dans l’économie et de rétablir des conditions de concurrence plus équilibrées entre acteurs publics et privés.
La Banque mondiale formule un diagnostic proche. Dans une note publiée en novembre 2025 sur l’emploi en Égypte, l’institution souligne que le secteur privé produit déjà environ 75 % du PIB et emploie plus de 80 % de la main-d’œuvre. Mais elle relève aussi que son potentiel reste freiné par plusieurs obstacles structurels, dont la forte présence d’entreprises publiques. L’institution a d’ailleurs approuvé le mois dernier un financement de 1 milliard USD (≈877 millions €) destiné notamment à réduire les barrières à l’investissement privé et faire appliquer des règles de concurrence plus équitables.
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Transformer l’essai
Le rythme de ces cessions de participations publiques est néanmoins jugé lent par le FMI, avec qui l’Égypte a signé un programme de financement de 8 milliards USD s’achevant en 2026 et incluant des réformes structurelles. Sur les 35 entreprises publiques annoncées à la vente début 2023, seules neuf avaient été cédées au moment de la publication du rapport, le plus souvent partiellement.
Bien que préliminaire, l’admission des quatre sociétés du 28 juin constitue donc un nouveau test de la crédibilité de la politique de privatisation menée par Le Caire. Les prochains mois permettront d’en mesurer la portée réelle, à travers la part du capital effectivement ouverte aux investisseurs, la liquidité des titres après cotation et la capacité de l’État à accepter une gouvernance plus transparente.