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Les exportations agroalimentaires françaises vers l’Afrique ont chuté de 16% en 2024/2025

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 13 novembre 2025 à 15:30

Le blé français, victime collatérale des tensions entre Paris et Alger.

Le blé français, victime collatérale des tensions entre Paris et Alger.

Photo DR

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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La France est le 6ᵉ exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires. Les pays situés en dehors de l’Union européenne représentent une part importante de ses ventes.

Entre juillet 2024 et juin 2025, les exportations françaises de produits agricoles, agroalimentaires, de bois et de biodiesel vers l’Afrique ont enregistré un recul. Selon un rapport publié le 4 novembre dernier par le ministère de l’Agriculture et l’Établissement national des produits de l'agriculture et de la mer français (France Agrimer), la valeur des ventes vers la région s’est élevée à 4,323 milliards d’euros, soit 16% de moins qu’un an plus tôt (5,1 milliards d'euros). Cette somme représente environ 5 % du total des exportations françaises, qui ont atteint 82,8 milliards d'euros.

Une forte baisse en Afrique du Nord

C’est en Afrique du Nord que le recul a été le plus marqué. Les données indiquent que la région a enregistré une baisse de 33% de ses achats, à 1,72 milliard d'euros, soit 582 millions d'euros de moins que l’année précédente. Cette situation résulte d’une diminution des achats au Maroc (-11 % à 974 millions d'euros), mais surtout d’une contraction massive des importations algériennes.

En Algérie, le plus vaste pays du continent, la facture des importations de produits agricoles français est passée de 945 millions d'euros à 351 millions d'euros, soit une réduction de 62% en glissement annuel. Entre juillet 2023 et juin 2024, l’Algérie était encore le deuxième débouché africain pour les céréales françaises, avec 373 millions € dépensés. Elle a cependant disparu de la liste des destinations pendant la période sous revue.

Cette situation s’explique notamment par les tensions diplomatiques entre Paris et Alger, qui ont conduit à l’absence d’opérateurs français dans les appels d’offres de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) pour l’achat de blé, principal produit alimentaire importé par le pays.

Au-delà des céréales, les exportations de produits laitiers français vers l’Algérie ont également fortement reculé, passant de 201 millions d'euros à seulement 76 millions d'euros entre juillet 2024 et juin 2025. Pour autant, le pays demeure pour la France la première destination africaine pour les machines agricoles (267 millions d'euros) et pour le bois et ses dérivés (143 millions d'euros).

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L’Afrique subsaharienne devient le moteur des ventes françaises

Avec le recul des ventes en Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne est devenue la première destination des produits agricoles français sur le continent. Même si les importations y ont également diminué de 9 %, leur valeur s’est établie à 1,98 milliard d'euros entre juillet 2024 et juin 2025.

Dans la région, la Côte d’Ivoire est devenue la deuxième destination la plus importante pour les céréales françaises en Afrique (106 millions d'euros), suivie par la Libye (66 millions d'euros) et le Sénégal (64 millions d'euros). L’Égypte, le Cameroun et la Mauritanie, qui avaient tous dépassé 100 millions d'euros d’importations l’année précédente sur la même période, ne figurent pas dans cette édition du rapport.

Globalement, la Côte d’Ivoire est le premier marché pour les produits agricoles français au Sud du Sahara, avec 440 millions d'euros, suivie par le Sénégal (265 millions d'euros). Par ailleurs, les pays d’Afrique australe ont importé pour 616 millions d'euros de produits agricoles français, selon les données d’Agrimer.

Cette baisse des exportations françaises vers l’Afrique s’inscrit dans un contexte où les performances de la France vers les pays tiers ont été globalement faibles.

Les exportations vers le reste du monde hors UE se sont contractées de 3,5 % entre juillet 2024 et juin 2025, pour s’établir à 33,4 milliards d’euros. Dans le même temps, les ventes sur le marché communautaire se sont élevées à 49,5 milliards d'euros, en hausse de 6% par rapport à la campagne précédente.

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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