2025, année record pour le trafic portuaire à Maputo

Espoir Olodo, Agence Ecofin

En 2025, le port de Maputo a manutentionné 32 millions de tonnes de marchandises, en hausse de 3,4% sur un an.
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Espoir Olodo, Agence Ecofin

En 2025, le port de Maputo a manutentionné 32 millions de tonnes de marchandises, en hausse de 3,4% sur un an.
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Au Mozambique, l’année 2025 a été historique pour le fret transitant par le port de Maputo. Selon les données officielles, la plateforme a manutentionné 32 millions de tonnes de marchandises, en hausse de 3,4% sur un an et marquant un nouveau record. Dans les détails, les volumes de vrac ont atteint 15,2 millions de tonnes en 2025, soit une progression de 6,4% sur un an. Parallèlement, le trafic ferroviaire a enregistré une croissance particulièrement marquée, avec 11,7 millions de tonnes transportées contre 9,7 millions de tonnes en 2024, soit une hausse de 17%.
L'évolution positive de ces deux segments traduit l’attractivité croissante de l’infrastructure, avec la modernisation et le renforcement de l’efficacité opérationnelle dans le cadre des ambitions du gouvernement. En effet, le port de Maputo entend se positionner depuis quelques années comme un hub régional et comme une alternative crédible aux ports sud-africains, confrontés à des défis récurrents liés à la congestion et aux contraintes opérationnelles de la société publique de transport (Transnet). Il assure ainsi une partie des exportations de minerais de la nation arc-en-ciel, tout en consolidant son rôle de porte d’entrée maritime pour plusieurs pays enclavés de la région, notamment le Botswana, le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie.
Avec les bons chiffres de l’année dernière, la plateforme confirme également une montée en puissance en cours depuis 5 ans. Au total, le volume de fret aura grimpé de 74,8 %, partant d’un niveau de 18,3 millions en 2020. Par ailleurs, ce port a enregistré une trajectoire de croissance globalement soutenue depuis 2020, à l’exception du repli observé entre 2023 et 2024, imputable à la crise post-électorale. Cet épisode avait entraîné une suspension temporaire des activités portuaires ainsi que la fermeture pendant plus d’un mois des frontières terrestres, notamment avec l’Afrique du Sud.
Aujourd’hui positionné comme un nouveau hub logistique en Afrique australe, le port de Maputo devrait également tirer profit d’un vaste programme d’investissements, à la fois sur les infrastructures portuaires et sur les connexions terrestres, afin d’accélérer son développement. En mai 2025, l’opérateur émirati DP World a ainsi annoncé un investissement de 165 millions USD (environ 140,7 millions d'euros) destiné à l’extension du terminal à conteneurs. Ce projet permettra de plus que doubler la capacité, qui passera de 255 000 à 530 000 EVP, renforçant significativement l’attractivité du port pour le commerce régional et international.
Hormis cela, l’autorité portuaire a dévoilé plusieurs projets complémentaires qui devraient porter l’enveloppe globale d’investissements à près de 500 millions USD (environ 426,3 millions d'euros). Ces initiatives visent à accroître la productivité des terminaux, à renforcer les capacités de stockage et à moderniser les équipements de manutention, avec pour objectif d’améliorer la performance opérationnelle de l’ensemble de la plateforme.
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Plus globalement, l’enjeu derrière ces différents investissements est de renforcer la compétitivité globale du port. À ce stade, la plateforme mozambicaine reste encore loin des grands hubs africains et mondiaux en matière de trafic conteneurisé. Selon le dernier rapport 2025 publié par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence sur l’indice de performance des ports à conteneurs (CPPI), Maputo se classait ainsi 28e en Afrique et 347e sur 403 ports analysés dans le monde.
Dans la durée, l’infrastructure devra également répondre à la pression concurrentielle régionale avec la reprise progressive des performances des ports sud-africains, qui font eux aussi l’objet d’investissements massifs avec l’appui de l’État et du secteur privé, et la montée en puissance du port de Walvis Bay en Namibie.
Espoir Olodo, Agence Ecofin