Le Gabon veut emprunter 1,3 milliard d'euros alors qu’il cherche encore à établir le montant exact de sa dette

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Libreville, capitale du Gabon.
Photo DR

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Libreville, capitale du Gabon.
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Le Gabon a autorisé jusqu’à 1,31 milliard d’euros, soit 859,85 milliards de francs CFA, d’emprunts sur les marchés internationaux en 2026, rapporte Reuters, qui cite le budget révisé publié ce 21 juillet. Cette décision intervient alors que le pays mène un audit de sa dette publique susceptible de révéler des engagements qui n’auraient pas encore été correctement comptabilisés.
Dans le détail, le nouveau budget ramène les prévisions de recettes à 3 240 milliards de francs CFA, soit une baisse de 22% par rapport aux estimations initiales.
Cette révision s’expliquerait par le recul attendu des revenus tirés des industries extractives. Comparativement au budget initial, les prévisions de recettes pétrolières issues du partage de production ont été réduites de 30%, tandis que celles concernant les impôts versés par les sociétés minières ont chuté de 97%.
Le gouvernement fait désormais apparaître un besoin global de financement de 915,6 milliards de francs CFA pour l’année. En plus des emprunts internationaux, il prévoit d’émettre 424,9 milliards de francs CFA d’obligations du Trésor sur le marché intérieur.
Ces financements doivent permettre à l’État de couvrir ses besoins budgétaires, parmi lesquels figurent d’importantes échéances de dette, alors que les ressources attendues sont moins élevées que prévu.
Le service de la dette, qui comprend les intérêts et les remboursements de capital, devrait atteindre 1 797 milliards de francs CFA en 2026, soit environ 2,7 milliards d’euros. Les charges d’intérêts ont été relevées de 16 % par rapport au budget adopté en décembre 2025. Les avances de trésorerie utilisées pour répondre aux besoins de financement à court terme devraient, de leur côté, être multipliées par près de cinq.
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Les difficultés budgétaires du Gabon ne sont toutefois pas apparues avec cette révision.
Dans des prévisions publiées en 2025, la Banque mondiale estimait que la dette publique gabonaise pourrait représenter 82,6% du produit intérieur brut en 2026, puis 86,1 % en 2027.
Ces niveaux dépasseraient nettement le plafond de 70% fixé par les règles de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Ces prévisions sont néanmoins susceptibles d’être révisées, car les autorités cherchent encore à préciser le montant réel des engagements publics.
L’audit lancé en juin porte sur les engagements contractés entre 2016 et 2024. Il doit notamment rechercher d’éventuelles dettes non déclarées, des projets financés mais non exécutés et des fonds qui ne seraient pas parvenus sur les comptes du Trésor.
L’agence de notation Moody’s a averti que cet examen pourrait faire apparaître des engagements publics supplémentaires.
Les conclusions seront également importantes pour les discussions engagées avec le Fonds monétaire international (FMI). Libreville cherche depuis le début de l’année à conclure un nouveau programme économique avec l’institution, après la suspension de son précédent accord, approuvé en 2021.
Un diagnostic plus fiable des finances publiques pourrait renforcer la crédibilité du pays auprès du FMI et des autres bailleurs. À l’inverse, la découverte de nouvelles dettes alourdirait encore la situation au moment où le gouvernement cherche à emprunter davantage.
Le Gabon doit ainsi répondre à un double impératif : trouver rapidement les ressources nécessaires pour financer son budget, tout en rassurant ses partenaires sur le niveau réel de sa dette et sa capacité à la rembourser.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin