Cette nouvelle enveloppe survient un peu plus de 2 semaines après le reclassement du Togo parmi les économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.
Le Togo a signé avec la Banque mondiale cinq accords de financement totalisant près de 400 millions d'euros. Cette nouvelle enveloppe renforce les investissements dans les transports, l’énergie et la cohésion sociale, mais remet aussi au premier plan la question du rythme de décaissement.
Le Togo et le Groupe de la Banque mondiale ont signé, ce16 juillet à Lomé, cinq accords de financement d’un montant cumulé de 429 millions de dollars, soit environ 376 millions d’euros. Approuvées en juin par le Conseil d’administration de l’institution, ces opérations portent à 2,1 milliards de dollars, soit environ 1,84 milliards d’euros, la valeur de son portefeuille actif dans le pays.
Les accords ont été paraphés par le ministre togolais des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, et la directrice de division de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, Marie-Chantal Uwanyiligira. La cérémonie s’est déroulée en présence d’Anna Bjerde, directrice générale des opérations du Groupe de la Banque mondiale, dans le cadre d’une tournée régionale l’ayant également conduite au Bénin et au Tchad.
Cette nouvelle enveloppe survient un peu plus de deux semaines après le reclassement du Togo parmi les économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Le pays est le seul, parmi les 218 économies examinées cette année, à avoir quitté la catégorie des pays à faible revenu.
Les transports captent près de la moitié de l’enveloppe
Le Programme d’amélioration des systèmes logistiques et de transport (PASLT) absorbe à lui seul 200 millions de dollars - plus de 175 millions d'euros - soit près de 47% des nouveaux financements. Il doit améliorer la connexion entre les bassins de production agricole, les zones périurbaines, les marchés et les plateformes logistiques urbaines. Pour Lomé, l’enjeu est notamment de réduire les coûts de transport et de mieux intégrer les territoires ruraux aux circuits économiques.
Deux projets régionaux consacrés à l’énergie concentrent 140 millions de dollars, près de 123 millions d'euros, supplémentaires. Le programme WA-REMP bénéficie de 100 millions de dollars (environ 87 millions d'euros) pour étendre l’accès à l’électricité, particulièrement dans les zones rurales. Le projet PRIME-GAS reçoit, de son côté, 40 millions de dollars( environ 35 millions d'euros), afin de soutenir l’intégration des marchés électriques régionaux grâce au gaz.
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Le financement comprend également une rallonge de 69 millions de dollars, soit environ 60,5 millions d'euros pour le Projet régional de cohésion sociale des régions nord du golfe de Guinée (COSO). Cette intervention cible principalement les zones septentrionales, confrontées à la progression des risques sécuritaires en provenance du Sahel et à une pression accrue sur les services publics locaux.
Les 20 millions de dollars - plus de 17 millions d'euros - restants sont destinés au programme régional d’identification unique pour l’intégration et l’inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI). Celui-ci doit faciliter l’accès des populations aux services administratifs, sociaux et financiers grâce à une identité reconnue par les administrations publiques.
« À la Banque mondiale, nous sommes convaincus que l’emploi est le meilleur moyen de sortir durablement de la pauvreté », a déclaré Anna Bjerde. La responsable a relié ces investissements aux ambitions de la Vision Togo 2040, tout en rappelant l’intégration du pays aux initiatives AgriConnect et Mission 300. La première vise à renforcer la productivité agricole, tandis que la seconde ambitionne de raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici à 2030.
L’exécution du portefeuille reste le principal défi
Pour les autorités togolaises, ces financements doivent accompagner la feuille de route gouvernementale 2026-2031, construite autour du triptyque « Protéger, Rassembler, Transformer ». « Ces trois exigences ne sont pas des slogans », a affirmé Essowè Georges Barcola, qui a promis une gestion plus rigoureuse des projets soutenus par la Banque mondiale.
L’augmentation rapide du portefeuille place toutefois la capacité d’absorption du pays au centre des préoccupations. Durant l’exercice budgétaire 2026 de la Banque mondiale, clos le 30 juin, les décaissements ont atteint 42 millions de dollars (environ 37 millions d'euros) pour les projets nationaux et 86,13 millions de dollars (environ 75,5 millions d'euros) pour les opérations régionales, selon les données communiquées par le ministère togolais des Finances.
Ces montants demeurent modestes au regard des 2,1 milliards de dollars désormais engagés. L’enjeu ne réside donc plus seulement dans la mobilisation de nouvelles ressources, mais dans la capacité de l’administration à accélérer la préparation des projets, la passation des marchés et l’exécution des travaux. Les lenteurs de décaissement constituent d’ailleurs une difficulté récurrente dans plusieurs pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.