En Angola, le géant Azule Energy valide un projet offshore à plus de 4 millards d'euros
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Le projet Greater PAJ mobilise Azule Energy et ses partenaires pour prolonger la durée de vie des champs offshore angolais.
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Olivier de Souza, Agence Ecofin

Le projet Greater PAJ mobilise Azule Energy et ses partenaires pour prolonger la durée de vie des champs offshore angolais.
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Azule Energy, coentreprise détenue à parts égales par Eni et BP, a officialisé, le 22 juin, la décision finale d’investissement (FID) pour le projet offshore Greater PAJ, d’un montant de 5,1 milliards USD (4,4 milliards EUR). Le développement est situé au large de l’Angola, dans les blocs 31 et 31/21, avec une mise en production attendue au premier semestre 2029.
Opéré en partenariat avec la société publique Sonangol et Equinor, le projet s’inscrit dans une logique de mutualisation des ressources entre deux concessions adjacentes. Greater PAJ devient ainsi le premier développement offshore intégré de ce type en Angola, une configuration inédite pensée pour optimiser les infrastructures existantes et améliorer l’exploitation de champs voisins.
Greater PAJ regroupe cinq découvertes offshore telles que Palas, Astraea et Juno dans le bloc 31, ainsi qu’Urano et Dione dans le bloc 31/21. L’ensemble représente des réserves estimées à 252 millions de barils, confirmant le poids stratégique du portefeuille concerné dans le bassin du Bas-Congo. Le développement repose sur 17 puits reliés à une nouvelle unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO). Cette infrastructure affichera une capacité de 95 000 barils/jour, complétée par une capacité d’exportation de 70 millions de pieds cubes standards de gaz/jour. Ce gaz sera acheminé vers l’usine de liquéfaction Angola LNG via une nouvelle conduite raccordée au réseau d’exportation du bloc 31, renforçant ainsi l’intégration progressive des systèmes gaziers offshore du pays.
Au-delà de sa dimension industrielle, le projet intervient dans un contexte de pression croissante sur la production pétrolière angolaise. Le pays, dont l’économie reste fortement dépendante des hydrocarbures, fait face au déclin naturel de ses champs matures. La production nationale est passée sous le seuil du million de barils/jour en 2025, relançant les efforts de stabilisation du secteur.
Dans ce cadre, les autorités et les opérateurs cherchent à maintenir une production comprise entre 1 et 1,1 million de barils/jour à moyen terme. Greater PAJ s’inscrit directement dans cette trajectoire de consolidation, davantage orientée vers le maintien des volumes que vers une expansion significative.
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Avec sa capacité de 95 000 barils/jour, le projet représente à lui seul près de 10% de l’objectif national. Cette contribution en fait un élément important dans l’équilibre futur du système pétrolier angolais, dans un contexte de maturité avancée des champs historiques. Ceci, sans compter que des activités de développement ultérieures ont la possibilité de gonfler la production sur place.
Cette FID marque aussi une étape supplémentaire dans la montée en puissance d’Azule dans l’amont angolais. La coentreprise a récemment mis en service le FPSO Agogo et lancé le New Gas Consortium, consolidant progressivement son positionnement dans les projets structurants du pays.
Dans le prolongement de cette décision, plusieurs contrats d’ingénierie et de services ont été attribués à Baker Hughes, Saipem et TechnipFMC, confirmant l’implication d’acteurs internationaux majeurs dans la chaîne de développement du projet et la mobilisation d’un écosystème industriel déjà bien établi en offshore profond.
Plus largement, Azule s’inscrit dans une dynamique d’investissements soutenus en Angola, avec plusieurs projets additionnels annoncés dans les hydrocarbures. Cette orientation accompagne la stratégie du pays visant à prolonger la durée de vie de ses actifs offshore tout en attirant de nouveaux capitaux, dans un environnement où les champs existants arrivent progressivement à maturité.
Dans cet ensemble, le projet se distingue moins comme une expansion que comme une opération d’optimisation intégrée. En reliant deux blocs et en mutualisant les infrastructures, il prolonge la logique d’exploitation des ressources existantes, tout en soutenant la stabilité de la production nationale.
Olivier de Souza, Agence Ecofin