Le FMI engage des discussions pour un nouveau programme de soutien financier au Malawi

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Vue aérienne de Blantyre, principal pôle économique du Malawi.
DR

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Vue aérienne de Blantyre, principal pôle économique du Malawi.
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Le Malawi pourrait bientôt renouer avec un programme soutenu par le Fonds monétaire international (FMI). Dans un communiqué publié à l'issue d'une mission conduite par l'économiste Justin Tyson, l’institution a confirmé avoir entamé des discussions avec les autorités malawites à la suite de la demande du gouvernement visant à bénéficier d'un accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC).
La mission, qui s'est déroulée du 8 au 18 juin, avait pour objectif d'évaluer la situation économique récente du pays et d'engager les négociations sur les priorités de réformes inscrites dans le National Economic Recovery Plan (NERP), le plan national de redressement économique élaboré par les autorités.
Ces pourparlers interviennent alors que le Malawi traverse l'une des périodes économiques les plus délicates de ces dernières années. Selon les données présentées par le gouvernement lors de la préparation du budget 2026-2027, la dette publique a franchi le seuil de 90 % du PIB, contre environ 88 % un an plus tôt. L'encours de la dette atteignait près de 23 900 milliards de kwachas à fin 2025, dont près des deux tiers sous forme de dette intérieure.
La situation budgétaire demeure tout aussi préoccupante. Le déficit budgétaire est estimé à près de 12 % du PIB, tandis que la charge des intérêts absorbe une part croissante des ressources publiques. Cette détérioration des finances publiques limite considérablement la capacité de l'État à financer les investissements nécessaires au développement du pays.
Parallèlement, le Malawi continue de faire face à des pénuries récurrentes de devises étrangères qui compliquent les importations de carburants, de médicaments et d'autres produits essentiels. Ces difficultés sont aggravées par les conséquences de plusieurs chocs climatiques successifs qui ont affecté la production agricole, principal moteur de l'économie nationale.
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L'inflation, qui évolue au-dessus de 20 % depuis plusieurs années, continue également d'éroder le pouvoir d'achat des ménages. Même si la hausse des prix a légèrement ralenti ces derniers mois, les pressions inflationnistes demeurent importantes dans un pays où une large partie de la population reste vulnérable aux fluctuations des prix alimentaires.
Dans ce contexte, le FMI a salué plusieurs mesures récemment mises en œuvre par les autorités. Selon Justin Tyson, les échanges ont permis de reconnaître les efforts entrepris par le gouvernement pour mieux refléter les prix du marché international, stabiliser la situation budgétaire et répondre aux défis liés à la sécurité alimentaire.
L'institution note également que les autorités ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre des politiques « saines et crédibles » destinées à restaurer et préserver la stabilité macroéconomique tout en favorisant une croissance plus inclusive et résiliente.
« Les discussions se poursuivront sur le paquet de politiques et de réformes qui pourraient être soutenues dans le cadre d'un accord au titre de la Facilité élargie de crédit », indique le FMI dans son communiqué.
Pour Lilongwe, la conclusion d'un nouvel accord revêt une portée qui dépasse le seul aspect financier. Un programme soutenu par le FMI est généralement perçu comme un gage de crédibilité, susceptible de faciliter la mobilisation de financements concessionnels auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Les autorités cherchent ainsi à renforcer la confiance des bailleurs alors que les besoins de financement du pays demeurent importants. Cette nouvelle phase de discussions intervient après l'interruption du précédent programme FEC approuvé en 2023, dont les revues n'avaient pas pu être menées à terme, limitant les décaissements à une première tranche.
Un nouvel accord pourrait offrir au Malawi un cadre plus structuré pour conduire les réformes nécessaires au redressement économique. Les consultations portent notamment sur la consolidation budgétaire, l'amélioration de la gestion de la dette, le renforcement des réserves de change et la création des conditions d'une croissance plus soutenue.
Aucun calendrier n'a toutefois été communiqué concernant l'aboutissement des discussions. Leur ouverture constitue néanmoins une étape importante pour un pays en quête de stabilité macroéconomique et de relance durable.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin