La Turquie est un des leaders mondiaux en matière de cybersécurité, avec un score de 100/100 à l’indice de cybersécurité de l’Union internationale des télécommunications.
Face au besoin de structurer un écosystème télécoms et numérique stratégique, la Somalie multiplie les partenariats internationaux. Pour cet État, se doter d’une autorité de régulation compétente et fiable, c’est s’ouvrir un marché maîtrisé et riche en opportunités économiques.
La Somalie accélère la structuration de son secteur des communications électroniques. Son Autorité nationale des communications (NCA) a signé à cet effet un protocole d’accord avec son homologue turc, l’Autorité des technologies de l’information et des communications (BTK), lors d’une cérémonie organisée à Ankara le 10 février dernier. Un signal fort, à la croisée des enjeux de modernisation des réseaux et de renforcement de la souveraineté numérique, dans un pays où les infrastructures télécoms et l’encadrement réglementaire restent en construction.
Dans le détail, la convention prévoit une coopération bilatérale sur plusieurs chantiers clés : réglementation des communications par satellite, cybersécurité, gestion du spectre, déploiement d’infrastructures à haut débit, mais aussi sécurité et résilience des réseaux et services de télécommunications. S’y ajoutent la réglementation d’Internet et d’autres aspects relevant des communications électroniques. Autrement dit, un partenariat qui couvre l’essentiel des leviers permettant à un régulateur d’acquérir une réelle capacité de pilotage, dans un écosystème caractérisé par l’essor des usages numériques et la multiplication des risques cyber.
« Cet accord renforce la collaboration institutionnelle (…), soutient le renforcement des capacités, l’échange de connaissances et l’amélioration des cadres réglementaires, contribuant ainsi à la croissance et à la modernisation du secteur des communications en Somalie », a expliqué Mustafa Yasin Sheikh, le directeur général de la NCA. Cette déclaration résume bien une ambition : consolider l’architecture de régulation, outiller les équipes et accélérer l’adoption de bonnes pratiques, notamment sur les sujets techniques les plus délicats.
Des perspectives économiques intéressantes
Pour la Somalie, le renforcement des capacités du régulateur télécoms national répond aussi à des enjeux économiques. Un régulateur plus compétent et un écosystème mieux maîtrisé améliorent la visibilité fiscale, permettent au gouvernement de percevoir redevances, taxes et droits de licence auprès des opérateurs, et alimentent le financement de l’inclusion numérique. Cette dynamique accroît la contribution du secteur au PIB, et constitue un atout pour attirer les investissements étrangers et nationaux, ainsi que pour développer le marché des télécoms, socle de l’économie numérique et source de revenus financiers pour l’État.
Le volet cybersécurité apparaît central, quelques jours après que le Parlement somalien a approuvé une loi établissant un cadre pour assurer la sécurité du cyberespace national. Dans de nombreux pays africains, les réseaux télécoms constituent une infrastructure critique, supportant les communications gouvernementales, l’activité économique, les services financiers et la circulation de l’information. À mesure que les services migrent vers le numérique, les menaces augmentent : attaques sur les réseaux, intrusions, perturbations ciblées, exploitation de failles dans les équipements ou les systèmes de gestion.
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Renforcer la résilience des réseaux — capacité à prévenir, à résister et à se rétablir — devient un enjeu stratégique autant qu’un impératif de continuité de service. C’est la clé de voûte de la confiance dans les services télécoms et numériques. La Turquie, leader en cybersécurité selon l’indice mondial de cybersécurité de l’Union internationale des télécommunications (score UIT 100/100), possède l’expertise nécessaire pour accompagner la Somalie (score UIT 37/100) dans ce domaine.
Cette collaboration entre les deux pays dévoile aussi une dynamique plus large, Mogadiscio recherchant des partenariats susceptibles d’accélérer sa mise à niveau institutionnelle, tandis qu’Ankara projette son expertise et son influence dans des secteurs stratégiques.