Énergie solaire : le chinois Ansola annonce près de 60 millions d’euros au Sénégal

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Audience à Dakar : le président Bassirou Diomaye Faye reçoit une délégation du groupe chinois Ansola
DR

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Audience à Dakar : le président Bassirou Diomaye Faye reçoit une délégation du groupe chinois Ansola
DR
Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a reçu une délégation de haut niveau du groupe chinois Ansola S.A., conduite par son directeur général, Tom Lee, le jeudi 18 décembre. Au cœur des échanges : l’implantation de cette multinationale spécialisée dans les énergies renouvelables et l’annonce d’une enveloppe de 70 millions de dollars (soit 59,6 millions d’euros) dédiée à la première phase de ses activités dans le pays.
Pour Tom Lee, le choix du Sénégal ne doit rien au hasard. « Notre projet s’inscrit dans le cadre du développement des énergies renouvelables en Afrique, et nous avons choisi le Sénégal pour sa stabilité politique, sa position géographique, mais aussi pour les efforts des autorités en matière de promotion des énergies propres. Nous comptons nous implanter au Sénégal pour rayonner sur le marché africain et audelà », atil déclaré à l’issue de l’audience.
Ce premier investissement, a précisé Tom Lee, portera sur l’implantation d’une usine de production d’équipements photovoltaïques. Une seconde phase, dotée d’un montant comparable, suivra pour le développement des accessoires. La première phase contribuera à la création de 400 emplois directs dès son lancement, avec des perspectives de croissance à moyen terme. Audelà des chiffres, un transfert de technologie est attendu, permettant au Sénégal de monter en compétence sur la chaîne de valeur solaire.
L’investissement d’Ansola intervient à un moment clé de la politique énergétique sénégalaise : le pays ambitionne d’atteindre 40% d’énergies renouvelables dans sa capacité installée, tout en augmentant sa capacité de production d’environ 70% d’ici 2030, une trajectoire qui traduit la volonté des autorités de faire de l’énergie un levier central de transformation économique et sociale.
Dans son pacte national pour l’énergie dévoilé début 2025, le gouvernement s’est engagé à transformer le paysage énergétique et à accélérer l’accès à une énergie fiable, abordable, durable et propre pour tous. Cet engagement vise à servir de catalyseur du progrès social, économique et environnemental. Plusieurs objectifs ont été fixés, notamment : fournir un accès à l’électricité à 6,6 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030, pour atteindre un taux d’accès national de 100% dès 2029 (contre 84% actuellement) ; accélérer l’accès aux solutions de cuisson propre à un rythme de 11,3 % par an (contre environ 3,1 % actuellement), permettant à 15,8 millions de personnes supplémentaires d’en bénéficier, en particulier les femmes et les communautés marginalisées ; créer un environnement favorable pour mobiliser 2,3 milliards de dollars d’investissements privés dans le secteur de l’énergie d’ici 2030.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pour les observateurs économiques, cet investissement est un signal fort adressé aux marchés financiers. Il démontre que la transition énergétique peut être un moteur de croissance inclusive. L’implantation d’Ansola devrait contribuer à réduire le coût de l’électricité pour les ménages et les industriels et renforcer l’autonomie énergétique des zones rurales. Analysant la politique énergétique du Sénégal dans une interview accordée au journal local Le Soleil, le Pr Fall Mbaye, directeur général de l’Institut national du pétrole et du gaz (Inpg), pense que « si nous maîtrisons notre énergie, si nous la rendons abondante et compétitive, alors les industries viendront s’installer ici. Le Sénégal peut devenir, comme le Qatar l’a été au MoyenOrient, un pôle énergétique et industriel de référence en Afrique ».
Muriel EDJO, Agence Ecofin