La Sierra Leone attribue de nouveaux permis d'exploration et relance son attractivité pétrolière
Olivier de Souza, Agence Ecofin

La Sierra Leone signe un accord d’exploration pétrolière avec la société nigériane Marginal Energy.
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Olivier de Souza, Agence Ecofin

La Sierra Leone signe un accord d’exploration pétrolière avec la société nigériane Marginal Energy.
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La Sierra Leone a signé le 23 avril dernier à Paris un accord d’attribution de nouvelles licences d’exploration pétrolière avec la société nigériane Marginal Energy, marquant une nouvelle étape dans sa stratégie de relance de l’exploration.
L’accord porte sur cinq blocs : G-145, 146, 147, 160 et 161, couvrant environ 6 800 km² et confère à l’opérateur nigérian des droits exclusifs d’exploration, de développement et de production. Il s’inscrit dans un programme amont intégré, allant de l’acquisition de données jusqu’à une éventuelle mise en production, conformément aux standards internationaux.
La compagnie prévoit d’investir plus de 225 millions de dollars (192 millions d’euros) dans la phase d’exploration, incluant des campagnes sismiques 3D, des études géoscientifiques et des forages destinés à évaluer le potentiel du bassin. Cette phase, structurée en plusieurs étapes, pourrait s’étendre sur une période maximale de sept ans.
L’accord prévoit des engagements en matière de contenu local, de transfert de technologie et de gestion environnementale.
Au-delà de cet accord, la Sierra Leone déploie une stratégie progressive visant à réduire le risque exploratoire, principal frein à l’investissement dans son bassin sédimentaire. Cette approche repose sur la production de données géologiques et géophysiques afin d’améliorer la lisibilité du potentiel offshore.
Elle s’est traduite, la veille, par la signature d’un permis de reconnaissance avec Shell, qui implique l’interprétation de données sismiques, l’analyse pétro-physique, la modélisation de bassin et l’évaluation des systèmes pétroliers sur environ 20 600 km².
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Il ne constitue pas un engagement d’investissement, mais un préalable destiné à éclairer de futures décisions de participation. Ce dispositif prolonge un accord similaire conclu avec Eni en 2025.
L’enchaînement de ces initiatives dessine une stratégie claire qui appelle à produire de la donnée, attirer des acteurs, puis enclencher des programmes d’exploration.
Ces efforts de Freetown arrivent dans un contexte de redéploiement de l’exploration vers des bassins encore peu développés. Dans le golfe de Guinée, les compagnies pétrolières recherchent de nouvelles opportunités pour renouveler leurs réserves, dans un environnement marqué par la maturité de certains actifs historiques. La façade atlantique africaine attire ainsi un nombre croissant d’acteurs, renforçant la concurrence entre juridictions.
La Sierra Leone cherche à tirer parti de cette dynamique après plusieurs décennies de résultats limités. Depuis les années 1980, huit puits ont été forés pour quatre découvertes qui n’ont pas encore débouché sur une production commerciale.
Le cycle d’attribution de licences engagé en 2022 n’a suscité qu’un intérêt limité des investisseurs. La stratégie actuelle marque une rupture, avec une priorité donnée à la qualité des données et à la structuration du cadre réglementaire.
L’accord avec Marginal Energy doit encore être ratifié par le Parlement avant d’entrer en vigueur. Son impact dépendra des résultats des travaux d’exploration, qui devront confirmer l’existence de ressources commercialement exploitables, ainsi que de la stabilité du cadre fiscal et réglementaire des autorités.
Olivier de Souza, Agence Ecofin