L’UE porte à plus de 750 millions d’euros son assistance à la Somalie depuis 2017

La Somalie demeure exposée depuis plusieurs années à des chocs climatiques, des tensions sécuritaires, et aux fluctuations de l’aide internationale.
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La Somalie demeure exposée depuis plusieurs années à des chocs climatiques, des tensions sécuritaires, et aux fluctuations de l’aide internationale.
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En annonçant débloquer 63 millions d’euros d’aide humanitaire supplémentaire cette semaine, l’Union européenne porte à plus de 750 millions d’euros le montant total de son assistance à la Somalie depuis 2017. Depuis près d’une décennie, Bruxelles figure ainsi parmi les principaux soutiens financiers d’un pays où l’équilibre économique et social dépend étroitement de l’appui extérieur.
Selon les informations relayées par la presse internationale, la nouvelle enveloppe sera prioritairement destinée aux services de santé et de nutrition, à la prise en charge de la malnutrition aiguë, à l’accès à l’eau et à l’assainissement, ainsi qu’à des dispositifs d’assistance en espèces. L’objectif affiché est d’éviter une interruption de programmes d’aide essentiels, dans un contexte de forte tension budgétaire pour les acteurs de l’humanitaire.
Cette annonce est faite quelques semaines après la signature d’un accord de 30 millions d’euros entre Mogadiscio et l’UE, pour soutenir la gouvernance, la résilience et la croissance économique. Cet engagement conclu dans le cadre de l’initiative Global Gateway, s’inscrit dans un ensemble plus large de programmes totalisant 102 millions d’euros, consacrés notamment à l’éducation, à la gestion des migrations et au renforcement des communautés à travers des infrastructures et des moyens de subsistance.
Ces annonces européennes surviennent alors que les agences onusiennes multiplient les signaux d’alerte. Le Programme alimentaire mondial indique que 4,4 millions de personnes en Somalie se trouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë ou pire, dont près de 1 million confrontées à une faim sévère. Faute de ressources suffisantes, l’agence a réduit le nombre de bénéficiaires de l’assistance alimentaire d’urgence, passé de plus de 2 millions début 2025 à environ 600 000 aujourd’hui.
Autrement dit, seule une fraction des personnes identifiées comme ayant besoin d’un soutien reçoit effectivement une aide. Les programmes nutritionnels destinés aux femmes enceintes, aux mères allaitantes et aux jeunes enfants ont également été fortement diminués ces derniers mois. Le PAM estime avoir besoin d’environ 95 millions USD (environ 80,5 millions d’euros) pour maintenir ses opérations dans le pays entre mars et août 2026. Sans engagement financier rapide, l’hypothèse d’un arrêt partiel ou total des opérations humanitaires dès le mois d’avril a été évoquée. En 2022, une mobilisation internationale de grande ampleur avait déjà permis d’éviter de justesse une famine déclarée.
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Au-delà de l’urgence immédiate, la crise repose sur des facteurs structurels. Les affrontements persistants avec le groupe al-Shabaab compliquent l’acheminement de l’aide tout en entretenant les déplacements de population, ce qui désorganise les marchés locaux. Les cycles répétés de sécheresses et d’inondations affectent durablement l’agriculture et l’élevage, principaux moyens de subsistance pour une grande partie de la population. À ces vulnérabilités s’ajoute la dépendance quasi totale du pays aux financements extérieurs pour soutenir ses dispositifs d’assistance.
En portant son assistance cumulée à plus de 750 millions d’euros depuis 2017, l’Union européenne confirme une présence financière durable en Somalie. Pour Bruxelles, la stabilité de la Corne de l’Afrique représente un enjeu humanitaire, mais aussi régional et stratégique, notamment en matière de sécurité et de gestion des flux migratoires.
Cette continuité soulève néanmoins un constat. Malgré l’ampleur des soutiens engagés au fil des années, le pays demeure exposé aux chocs climatiques, aux tensions sécuritaires et aux fluctuations de l’aide internationale. Ses perspectives économiques restent modestes et tributaires de financements extérieurs.
À moyen terme, l’évolution de la situation dépendra de la capacité des autres bailleurs de fonds à compléter l’effort financier, et des progrès réalisés dans la consolidation institutionnelle et la résilience économique du pays. Entre gestion de l’urgence et construction d’une stabilité durable, l’équation somalienne demeure fragile.