Produits laitiers : un nouveau projet de 220 millions d'euros pour réduire les importations au Nigeria

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Au Nigeria, la demande en produits laitiers est attendue à 2,8 millions de tonnes d'ici à 2030.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Au Nigeria, la demande en produits laitiers est attendue à 2,8 millions de tonnes d'ici à 2030.
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Au Nigeria, l’entreprise Pure Dairy Herds, spécialisée dans l’élevage laitier, projette d’installer une nouvelle ferme d’un coût de près de220 millions d'euros dans l’Etat d’Ogun situé dans le sud-ouest du pays. Le 23 juin dernier, la compagnie a indiqué avoir entamé des démarches dans ce sens avec des travaux qui devraientt débuter dans les prochaines semaines.
En attendant davantage de détails techniques sur le nombre de têtes, la capacité annuelle de production ou le volume de transformation, l'enveloppe financière donne déjà la mesure des ambitions affichées par le porteur du projet alors que le pays dépend encore du marché international pour satisfaire plus de 70 % de ses besoins de consommation de produits laitiers.
Selon les données du « Baromètre des agricultures africaines » publié en octobre dernier, le Nigéria était le troisième importateur africain de produits laitiers en 2023 derrière l’Algérie et l’Egypte. Durant ladite année, le pays a dépensé 568 millions $ (près de 500 millions €) pour ses achats, d’après le Département américain de l’agriculture (USDA).
Face à cette situation, le gouvernement cherche à créer un environnement plus favorable aux investissements privés dans le lait, en combinant réformes de la filière bovine, partenariats technologiques et structuration de grandes zones d’élevage.
En mars 2026, le fonds souverain Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA) a signé un protocole d’accord avec le gestionnaire britannique Asset Green Ltd pour un projet agro-industriel intégré d’environ 438 millions d'euros.
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Cette initiative prévoit la mise en place de 20 000 hectares de cultures fourragères, d’une ferme moderne pouvant accueillir 10 000 vaches laitières et d’une unité de transformation d’une capacité annuelle de 200 000 tonnes de produits laitiers (lait frais, crème, beurre, lait en poudre).
Un an plus tôt, en juin 2025, le groupe agroalimentaire qatari Baladna avait déjà annoncé son intention d’investir dans une laiterie au Nigeria, également dans l’État d’Ogun, après une première expérience en Algérie.
Au-delà de ces nouveaux acteurs, le paysage laitier local est déjà marqué par la présence de plusieurs poids lourds, qu’il s’agisse de grandes coopératives européennes ou de champions locaux. Arla Foods et FrieslandCampina, via leurs filiales nigérianes, exploitent des fermes et des unités de transformation, tout en investissant dans la génétique bovine pour améliorer la productivité des troupeaux.
Arla s’est par exemple associé au danois VikingGenetics pour introduire des semences issues de races nordiques capables de produire jusqu’à environ 40 litres de lait par jour, soit de 18 à 25 fois plus que les races locales.
Ces différentes interventions s’alignent sur la nouvelle trajectoire fixée par le gouvernement. En 2025, les autorités nigérianes ont réaffirmé leur ambition de doubler la production annuelle de lait pour atteindre 1,4 million de tonnes à l’horizon 2030, contre environ 700 000 tonnes actuellement. Cet objectif, s’il est salutaire, sera encore en-deçà des besoins évalués à près de 2 millions de tonnes par an, d’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Quoi qu’il en soit, l’enjeu pour le pays reste important dans un contexte où la croissance démographique et la demande en produits d’origine animale devraient considérablement augmenter sur les prochaines décennies. D’après l’organisme onusien, la demande en produits laitiers devrait atteindre 2,8 millions de tonnes d’ici 2030 et 7,59 millions de tonnes à l’horizon 2050. De quoi mettre sous pression les moyens de production, mais aussi fournir un terreau favorable pour les nouveaux acteurs, ainsi que les opérateurs déjà implantés.
Espoir Olodo, Agence Ecofin