Les nouveaux décaissements portent à plus de 1,3 milliard de dollars les financements accordés par le FMI à la RDC depuis janvier 2025. L'institution salue la résilience de l'économie congolaise, malgré la persistance du conflit dans l'est du pays.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé la troisième revue du programme de la République démocratique du Congo (RDC) soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision permet de nouveaux décaissements d’un montant total d’environ 348,5 millions USD (environ 305,78 millions d'euros), destinés à soutenir les efforts de stabilisation macroéconomique et les réformes engagées par les autorités congolaises.
Dans le détail, la revue de la FEC permet un décaissement immédiat de 190,4 millions de DTS, soit environ 258,2 millions USD (environ 226,52 millions d'euros). Celle de la FRD débloque 66,6 millions de DTS, équivalant à près de 90,3 millions USD (environ 79,22 millions d'euros). Depuis l’approbation de ces deux programmes, les décaissements cumulés du FMI en faveur de la RDC atteignent désormais près de 1,35 milliard USD (près de 1,18 milliard d'euros).
Cité par Reuters, le ministre des Finances Doudou Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi a précisé que près de 193,9 millions USD (près de 170,2 millions d'euros) de ce nouveau financement seront mobilisés sous forme d'appui budgétaire afin de financer des investissements prioritaires, notamment dans les infrastructures, les programmes sociaux et les projets d'adaptation au changement climatique. Le reliquat contribuera au renforcement des réserves internationales et au soutien de la balance des paiements.
Une économie qui résiste malgré les tensions dans l'est
L'approbation du FMI intervient alors que la RDC continue de faire face à une situation sécuritaire particulièrement fragile dans sa partie orientale. L'institution relève que « la situation sécuritaire dans la partie Est de la RDC demeure volatile », malgré les accords de Washington conclus fin 2025. Elle évoque la poursuite des affrontements, des violations du cessez-le-feu ainsi qu'une crise humanitaire persistante, marquée par les déplacements de populations et une forte insécurité alimentaire.
Malgré cet environnement difficile, le FMI juge que « l'activité économique est demeurée résiliente en 2025 » et estime que les perspectives restent favorables. La croissance devrait atteindre 5,5% en 2026, après 5,6% en 2025, soutenue à la fois par le dynamisme du secteur minier et par une accélération des activités non extractives, notamment dans les services, la construction et l'agriculture.
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« Ni les multiples chocs endogènes et exogènes, moins encore les diverses vulnérabilités qui affectent notre économie, n'ont ébranlé la détermination du Gouvernement dans la mise en œuvre des réformes structurelles transformatrices » s’est réjoui le ministre Fwamba Likunde, qui ajoute que « l'économie de la RDC demeure robuste, le risque d'endettement modéré et les réformes transformatrices avancent pour une croissance économique pro-pauvres, créatrice d'emplois pour nos populations ».
Le FMI note également que les performances extérieures se sont améliorées. Les exportations minières continuent de soutenir la balance des paiements, tandis que les réserves internationales poursuivent leur reconstitution. L'inflation, qui constituait l'un des principaux défis macroéconomiques ces dernières années, est revenue à 2,5 % en glissement annuel à fin avril 2026, grâce notamment à l'appréciation du franc congolais observée depuis octobre 2025 et au maintien d'une politique monétaire prudente.
Des performances globalement satisfaisantes
Pour le FMI, les résultats enregistrés dans le cadre des programmes demeurent encourageants, malgré quelques écarts constatés en ce qui concerne le respect des soldes budgétaires.
Le Conseil d'administration relève notamment les avancées enregistrées dans la mobilisation des recettes intérieures, la gestion des finances publiques, le renforcement de la gouvernance économique ainsi que la mise en œuvre des réformes destinées à améliorer le climat des affaires. La bonne tenue des recettes publiques, soutenue par les prix favorables des matières premières et les réformes fiscales engagées, devrait permettre d'absorber une partie des surcoûts liés aux dépenses sécuritaires.
Néanmoins, le FMI insiste sur la nécessité de maintenir l'élan réformateur. L'institution appelle les autorités congolaises à poursuivre les efforts de mobilisation des recettes, à renforcer davantage la gestion des finances publiques et à préserver une discipline budgétaire compatible avec la stabilité macroéconomique.