Afrique du Sud : la Banque mondiale soutient un mécanisme pour attirer 8 milliards d'euros dans les infrastructures

Lignes de transmission d’Eskom en Afrique du Sud.
DR

Lignes de transmission d’Eskom en Afrique du Sud.
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Le 5 mars 2026, la Banque mondiale a approuvé un financement de 350 millions de dollars (302 millions d’euros) en faveur de l’Afrique du Sud pour soutenir la création d’un mécanisme de garantie de crédit destiné à mobiliser des investissements privés dans les infrastructures. Le financement provient de la Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (IBRD), l’une des institutions du groupe de la Banque mondiale.
Le dispositif, dénommé Credit Guarantee Vehicle (CGV), sera hébergé par la Development Bank of Southern Africa (DBSA) et vise une capitalisation initiale de 500 millions de dollars (432 millions d’euros). Sur cette base, les autorités sud-africaines espèrent mobiliser environ 10 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros) sur dix ans.
Le CGV reposera sur des garanties de crédit fondées sur des mécanismes de marché, destinées à réduire les risques perçus par les investisseurs privés, les prêteurs commerciaux et les investisseurs institutionnels. L’objectif est de faciliter leur participation au financement des projets d’infrastructures tout en réduisant le recours aux garanties souveraines de l’État, souvent nécessaires pour sécuriser ce type d’investissements.
Le mécanisme doit être constitué sous forme de société dans les prochains mois et Pretoria souhaite qu’il soit opérationnel dès cette année. « Le mécanisme soutiendra des investissements massifs dans les infrastructures de transmission. Nous attendons que les partenaires de développement confirment leur participation au capital et visons une mise en service du CGV cette année », a commenté Enoch Godongwana, ministre des Finances sud-africain.
La priorité du dispositif concerne le renforcement du réseau de transmission électrique, considéré comme un maillon critique du système énergétique sud-africain.
L’expansion du réseau est en effet devenue un enjeu central pour le pays. L’Afrique du Sud dispose d’un potentiel important en énergie solaire et éolienne, mais le développement de nouveaux projets reste contraint par la capacité du réseau à transporter l’électricité vers les centres de consommation.
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Selon le plan de développement du réseau de transmission pour la période 2025-2034 de l’électricien public sud-africain Eskom, environ 14 500 km de nouvelles lignes de transmission et 210 transformateurs, représentant une capacité d’environ 133 000 MVA, devront être construits pour un coût estimé à 26,3 milliards de dollars (22,6 milliards d’euros). Ces investissements doivent permettre de connecter davantage de projets énergétiques au réseau et d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement électrique.
Le réseau électrique sud-africain est historiquement structuré autour du nord-est du pays, où se concentrent les centrales au charbon – notamment dans la province de Mpumalanga – qui produisent encore près des trois quarts de l’électricité nationale. Cette configuration limite l’intégration de nouvelles capacités de production dans les régions riches en ressources renouvelables, notamment dans les zones les plus ensoleillées et les plus venteuses du pays.
La mise en œuvre du nouveau mécanisme s’inscrit dans un processus plus large de réforme du secteur électrique sud-africain. Le président Cyril Ramaphosa a annoncé en février dernier la création d’une compagnie de transmission indépendante d’Eskom, afin de faciliter les investissements dans le réseau et d’améliorer sa gestion.
Plusieurs entreprises internationales ont déjà manifesté leur intérêt pour participer à ce projet, notamment le français Engie, l’indien Adani Power et le chinois State Grid International Development.
Au-delà du secteur énergétique, le mécanisme de garantie devrait également soutenir des projets dans les infrastructures de transport et les ressources en eau, selon la DBSA.