Le britannique Chariot Energy se repositionne dans la transition énergétique en Afrique australe

Le virage stratégique de Chariot Energy vers les énergies renouvelables prend une nouvelle dimension.
Photo DR

Le virage stratégique de Chariot Energy vers les énergies renouvelables prend une nouvelle dimension.
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Le 30 octobre, le groupe britannique Chariot Energy a signé un protocole d’accord avec ACWA Power, géant saoudien des énergies renouvelables, en vue de créer une plateforme commune dédiée au développement et à l’exploitation d’actifs de transition énergétique en Afrique australe. Cette alliance marque un nouveau pas dans la stratégie de diversification amorcée il y a quelques années par l'entreprise cotée sur l’AIM de la Bourse de Londres, avec des investissements dans des solutions énergétiques propres et intégrées.
Longtemps concentrée sur l’exploration et la production d’hydrocarbures, notamment au Maroc, en Namibie et en Mauritanie, elle veut aujourd'hui s’imposer comme acteur clé de la transition énergétique sur le continent africain. Le mémorandum d’entente couvre six pays : Afrique du Sud, Botswana, Namibie, Mozambique, Zambie et Tanzanie. Les partenaires ambitionnent de développer un portefeuille de projets combinant production renouvelable, stockage par batteries et solutions gaz-vers-électricité. L’énergie produite devrait alimenter les réseaux publics, ainsi que des clients industriels et commerciaux.
Selon le communiqué, les deux parties mettront en commun leurs capacités techniques, opérationnelles et financières pour concevoir des projets évolutifs capables de répondre à la demande en électricité croissante dans la sous-région ciblée. Présent dans plus de douze pays, ACWA Power apportera son expertise dans le financement et la gestion de grands projets d’énergies renouvelables, tandis que Chariot s’appuiera sur sa connaissance des marchés africains et une présence elle aussi déjà établie dans plusieurs pays.
La première étape portera sur des études de faisabilité techniques, économiques et réglementaires. Aucune enveloppe financière ni calendrier n’ont encore été annoncés, mais les partenaires se disent prêts à avancer vers des accords contraignants si les résultats s’avèrent concluants. Leur initiative survient dans un contexte régional de défis : selon un rapport publié en 2024 par le Global Development Policy Center de l’Université de Boston, l’Afrique australe devra en effet ajouter près de 53 GW de capacités électriques d’ici 2040 pour atteindre l’accès universel à l’énergie.
Adonis Pouroulis, le Directeur général de Chariot Energy, a salué « une opportunité de construire une activité énergétique significative et durable » en Afrique. Selon lui, la combinaison des atouts des deux entreprises peut « libérer des opportunités d’investissement » dans une région où les besoins en infrastructures sont encore considérables.
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Un héritage pétrolier en mutation
L’histoire de Chariot Energy demeure marquée par ses origines pétrolières. Ses activités dans l’offshore atlantique représentent encore une part essentielle de son portefeuille. Mais le groupe veut aujourd’hui associer hydrocarbures et énergies renouvelables dans une approche pragmatique : utiliser le gaz comme relais vers les énergies propres tout en développant des capacités solaires et éoliennes pour les réseaux et les industriels.
Si le protocole signé avec la firme saoudienne débouche sur un partenariat effectif, Chariot pourrait devenir l’un des rares groupes britanniques à disposer d’un ancrage structuré dans les énergies renouvelables africaines. Le succès du projet dépendra néanmoins de la capacité des deux partenaires à mobiliser les financements nécessaires, à sécuriser des contrats d’achat d’électricité compétitifs, et à composer avec des cadres réglementaires encore inégaux.
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