Modernisation de l’aéroport de Conakry : la Guinée et le turc Albayrak accélèrent
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Le trafic à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry a atteint 446 335 voyageurs au premier semestre 2025.
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Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Le trafic à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry a atteint 446 335 voyageurs au premier semestre 2025.
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Les autorités guinéennes ont signé cette semaine avec le groupe turc Albayrak un protocole d’accord destiné à établir un cadre de coopération pour la mobilisation des fonds nécessaires à la réalisation de la deuxième phase des travaux d’extension et de modernisation de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry.
La cérémonie, tenue au ministère de l’Économie et des Finances, a été présentée par les autorités comme une avancée importante dans l’accélération du projet. Selon la partie guinéenne, le protocole servira de base aux discussions financières et permettra de structurer les engagements autour d’un partenariat public-privé. L’objectif est de construire un nouveau terminal, de consolider et élargir la piste d’atterrissage, de disposer d’une nouvelle tour de contrôle aux standards modernes et d’avoir un parking à 2 niveaux.
Selon Albayrak, la signature du protocole d’accord permettra aux partenaires turcs « d’avancer dans le processus de levée de fonds et d’enclencher la poursuite des travaux sur le chantier afin de gagner suffisamment de temps sur le délai contractuel de réalisation ».
Engagé depuis 2023, le projet vise à étendre la capacité théorique de l’aéroport en la faisant passer à 3 millions de passagers. L’objectif affiché est de désengorger la plateforme dont l’activité ne cesse de croître et qui a enregistré 788 879 voyageurs en 2024 (contre 742 123 un an plus tôt), alors que sa capacité annuelle théorique est estimée à 500 000 passagers.
Selon des données plus récentes de la Société de gestion des aéroports de Guinée (SOGEAG), le flux de voyageurs à l’aéroport a atteint 446 335 personnes au premier semestre 2025, contre 371 378 au cours de la même période en 2024. La SOGEAG attribue cette hausse à plusieurs facteurs parmi lesquels on retrouve « l’ouverture croissante de la Guinée sur la scène internationale, l’augmentation des fréquences des compagnies aériennes, ainsi que […] l’essor des grands projets miniers, en particulier Simandou qui attire de nombreux profils et investisseurs venus du monde entier ».
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Inscrit parmi les volets majeurs de la nouvelle vision du gouvernement guinéen, le projet d’extension porte sur la construction d’un terminal passagers de 32 000 m², d’un terminal cargo de 3 600 m², de bâtiments administratifs, d’une nouvelle tour de contrôle, d’une caserne de sapeurs-pompiers, d’une centrale électrique, d’un pavillon présidentiel, ainsi que d’un complexe hôtelier et d'un réseau de voirie interne.
Les travaux de la première phase sont terminés, mais les autorités ont annoncé le mois dernier le report de la cérémonie d’inauguration initialement prévue pour le 8 novembre afin de finaliser « des dispositions organisationnelles nécessaires au bon déroulement de l'événement ».
Pour la Guinée, les travaux d’extension de l’aéroport de Conakry s’inscrivent dans une stratégie plus large qui concerne l’ensemble du secteur aérien. Le gouvernement prévoit la réhabilitation des aérodromes secondaires, la relance de la compagnie nationale et l’intégration du transport aérien dans un futur réseau multimodal adossé à la modernisation ferroviaire et routière.
Ils interviennent par ailleurs dans un contexte de renforcement ces derniers mois de la relation bilatérale entre Conakry et Ankara. En août 2025, une mission gouvernementale conduite par les ministres de l’Économie et de l’Énergie s’était rendue à Istanbul pour des discussions de haut niveau axées sur l’énergie et les infrastructures. Les autorités turques et guinéennes y avaient exprimé leur volonté de consolider leur coopération, en particulier dans le financement d’infrastructures structurantes.
Si la signature du mémorandum ne clôt pas le processus financier, elle marque une progression dans la structuration du projet. Les modalités devront être finalisées avant la signature d’une convention formelle, qui fixera les engagements définitifs.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin