Le terminal de Richards Bay devrait importer 2 millions de tonnes de GNL par an à son lancement, avec un objectif de 5 millions de tonnes lors de la phase 2.
Projet clé pour importer du GNL, le terminal de Richards Bay attend davantage de clarté sur le projet de centrale à gaz de 3 000 MW d’Eskom et sur la transformation du secteur électrique.
L’opérateur néerlandais de terminaux pétroliers et gaziers Vopak a annoncé repousser à 2028 la décision finale d’investissement (FID) pour le terminal de GNL de Richards Bay, présenté comme la première installation d’importation de gaz naturel liquéfié en Afrique du Sud. L’entreprise indique attendre une meilleure visibilité sur le projet de centrale à gaz de 3 000 MW qu’Eskom prévoyait de développer sur le même site.
Selon Oliver Naidu, responsable de Vopak en Afrique du Sud, l’entreprise a prolongé l’étude de conception préliminaire (pré-FEED) dans l’attente de clarifications sur ce projet. La FID pourrait désormais intervenir au premier trimestre 2028. Développé en deux phases, le terminal représente un investissement estimé à environ 1 milliard de dollars (861 millions d’euros).
Diversifier l'approvisionnement énergétique
L’infrastructure doit être construite dans le port de Richards Bay, sur la côte est du pays, dans le cadre d’un partenariat public-privé. En janvier 2024, la société publique Transnet, opérateur public des infrastructures ferroviaires, portuaires et de pipelines en Afrique du Sud, a sélectionné un consortium formé par Vopak Terminal Durban et Transnet Pipelines pour développer le terminal. L’accord prévoit la conception, le financement, la construction et l’exploitation de l’installation sur une période de 25 ans.
Le projet doit permettre à l’Afrique du Sud d’importer du GNL afin de diversifier son approvisionnement énergétique. Le gaz serait ensuite acheminé vers les centrales électriques et les sites industriels via le réseau de Transnet Pipelines.
La capacité d’importation initiale est estimée à environ 2 millions de tonnes de GNL par an, avec un objectif de montée en puissance à 5 millions de tonnes annuelles lors d’une seconde phase.
Une dépendance au projet de centrale à gaz d’Eskom
L’infrastructure devait notamment alimenter une centrale à gaz de 3 000 MW qu’Eskom prévoyait de développer à Richards Bay afin de soutenir la production électrique nationale. Ce projet s’inscrivait dans la stratégie énergétique sud-africaine visant à compléter progressivement les capacités de production dominées par le charbon.
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Mais en septembre 2025, la Cour suprême d’appel sud-africaine a annulé l’autorisation environnementale permettant la construction de la centrale, estimant que les procédures de consultation publique avaient été insuffisantes. Cette décision contraint Eskom à relancer l’ensemble du processus d’autorisation.
Ce revers judiciaire a directement affecté le calendrier du terminal de GNL, dont l’équilibre économique dépend en partie de la demande générée par cette centrale. Sans ce débouché majeur, la visibilité sur les volumes de gaz importés reste incertaine.
Vopak poursuit néanmoins ses discussions avec plusieurs partenaires potentiels. L’entreprise espère conclure dans les prochains mois des accords préliminaires avec Eskom et, éventuellement, avec le groupe pétrolier américain ExxonMobil pour l’utilisation et la distribution du GNL.
Un projet pris dans les réformes du secteur électrique
Le projet intervient alors que l’Afrique du Sud tente de restructurer en profondeur son secteur électrique. Le gouvernement a engagé une réforme visant à séparer progressivement les activités d’Eskom en entités distinctes de production, de transmission et de distribution. Dans ce cadre, une société dédiée à la gestion du réseau de transport, National Transmission Company South Africa, a été créée afin de faciliter l’accès au réseau pour des producteurs indépendants et d’ouvrir davantage le marché de l’électricité à l’investissement privé.
Cette transformation intervient alors que Eskom reste fragilisée par un parc de centrales au charbon vieillissant et une dette colossale, malgré les programmes de soutien financier engagés par l’État. Les délestages répétés qui ont marqué les dernières années ont pesé sur l’activité économique et accentué la pression pour accélérer le développement de nouvelles capacités de production.
Dans ce contexte, le gaz est souvent présenté comme une solution de transition capable de soutenir la production électrique tout en émettant moins de carbone que le charbon. Mais la multiplication des recours judiciaires contre certains projets énergétiques, souvent liés aux procédures environnementales et de consultation publique, tend à ralentir la mise en œuvre de nouvelles infrastructures.
Le report de la décision d’investissement sur le terminal de GNL de Richards Bay illustre les défis actuels du secteur énergétique sud-africain. Le pays doit à la fois sécuriser son approvisionnement électrique et attirer des capitaux privés dans un secteur où les incertitudes réglementaires et institutionnelles restent importantes.