En Namibie, BP s’invite dans la ruée des majors vers le pétrole offshore

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

BP a conclu un accord pour acquérir 60 % d’intérêts dans 3 blocs d’exploration offshore, dénommés PEL97, PEL99 et PEL100.
Photo DR

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

BP a conclu un accord pour acquérir 60 % d’intérêts dans 3 blocs d’exploration offshore, dénommés PEL97, PEL99 et PEL100.
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BP a annoncé le 13 avril dernier son entrée comme opérateur en Namibie à travers l’acquisition d’une participation majoritaire dans des blocs offshore. Cette opération intervient alors que plusieurs grandes compagnies pétrolières se positionnent sur les ressources du pays, devenu l’un des nouveaux points d’attention du secteur.
Selon les détails publiés, l’entreprise britannique a conclu un accord pour acquérir 60 % d’intérêts dans trois blocs d’exploration offshore, dénommés PEL97, PEL99 et PEL100, auprès de la société canadienne Eco Atlantic Oil & Gas. L’opération reste soumise à l’approbation des autorités namibiennes. Les blocs sont situés dans le bassin de Walvis, une zone encore peu explorée au nord du bassin d’Orange, où ont été réalisées les principales découvertes du pays ces dernières années. À l’issue de la transaction, Eco Atlantic restera partenaire aux côtés de la compagnie nationale NAMCOR.
« La Namibie est une région qui suscite un intérêt croissant de l’industrie et qui dispose de plusieurs bassins encore peu explorés. Cet accord marque l’entrée de BP comme opérateur dans le pays, renforce notre portefeuille d’exploration et offre un potentiel de croissance à long terme. Nous nous réjouissons de soutenir le pays dans le développement de ses ressources », a déclaré Gordon Birrell, vice-président exécutif production et opérations de BP.
Si cette opération constitue une première implantation directe, BP n’est pas totalement nouveau sur le marché namibien. Le groupe est déjà exposé aux activités d’exploration dans le pays à travers Azule Energy, une coentreprise détenue à parts égales avec l’italien Eni.
Dans ce cadre, plusieurs découvertes ont été annoncées ces derniers mois, notamment dans le bassin d’Orange. Le puits Volans-1X, foré en 2025, a mis en évidence la présence de gaz condensat dans des réservoirs jugés de bonne qualité, confirmant le potentiel de la zone. Cette découverte s’ajoute à celle du prospect Capricornus-1X, qui a révélé du pétrole dans le même bassin.
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En annonçant son accord avec Eco Atlantic, BP a d’ailleurs indiqué s’appuyer sur ces récents résultats d’exploration pour renforcer sa présence dans le pays.
Le groupe britannique rejoint dans le secteur pétrolier namibien plusieurs autres grandes compagnies qui ont pris position sur les ressources offshore depuis les premières découvertes significatives en 2022. Par exemple, TotalEnergies développe le projet Venus, considéré comme l’un des plus prometteurs, sur lequel la société française estime pouvoir produire 150 000 barils par jour. En décembre 2025, elle a également racheté une participation de 40 % dans la licence PEL 83 en Namibie auprès du groupe portugais Galp.
L’américain Chevron détient quant à lui, des participations majoritaires dans plusieurs permis situés dans des zones considérées comme prospectives, même si ses premiers forages n’ont pas encore débouché sur des découvertes majeures. Cet intérêt des majors permet à la Namibie de nourrir l’ambition de devenir producteur de pétrole à l’horizon 2030.
Le gouvernement cherche déjà à structurer l’industrie, à travers des politiques de contenu local et des initiatives visant à développer les compétences nationales. Selon les prévisions officielles, exploiter le potentiel pétrolier peut permettre au pays de doubler son produit intérieur brut (PIB) d’ici 2040.
Pour BP, l’enjeu est aussi économique. Le groupe, qui a récemment recentré sa stratégie sur le pétrole et le gaz après une incursion peu concluante dans les énergies renouvelables, doit encore démontrer à ses actionnaires que ce repositionnement permettra d’améliorer la valeur, alors qu’il s’est engagé à réduire sa dette à un niveau compris entre 14 et 18 milliards USD (entre 11,9 et 15,27 milliards d'euros environ) d’ici fin 2027.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin