La signature récente d’un accord avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH) au Cameroun, visant à arranger et à mobiliser près de 180 millions d’euros, confirme la montée en puissance de BGFI Cameroun dans le financement du secteur énergétique national.
L’accord récemment signé entre la SNH et BGFI Cameroun, filiale du groupe financier panafricain dont le siège est à Libreville, marque une étape décisive pour le secteur pétrolier camerounais. En sa qualité d’arrangeur et de chef de file du financement, BGFI mobilisera près de 120 milliards de FCFA pour la construction de la future raffinerie de Kribi, un projet stratégique destiné à réduire d’environ 30% par an les importations de produits pétroliers raffinés, récemment estimées à 400 milliards de FCFA.
Ce contrat a été paraphé en présence de l’administration de la SNH et de Mahamat Abakar, directeur général de BGFI Cameroun. Ce dernier souligne la portée stratégique de cette opération : « Soutenir le secteur de l’énergie nous paraît évident. Une économie ne peut rien faire sans énergie, et le Cameroun est la première économie de la zone CEMAC », a-t-il déclaré.
Avec cette transaction, le portefeuille d’engagements de BGFI Cameroun dans le secteur énergétique atteint désormais 376,6 milliards de FCFA soit environ 573 millions d’euros, confirmant la place du groupe parmi les principaux acteurs bancaires du financement de l’énergie dans la sous-région. Outre la raffinerie de Kribi, BGFI a déjà soutenu plusieurs opérations dans l’électricité, l’hydroélectricité et la distribution d’énergie, accompagnant aussi bien des opérateurs publics que privés. Ces interventions ciblées permettent d’améliorer la sécurité d’approvisionnement et de renforcer la compétitivité des entreprises locales.
Vers une souveraineté énergétique assumée
L’implication croissante de BGFI Cameroun s’inscrit dans une dynamique plus large de recherche de souveraineté énergétique au Cameroun et en Afrique. Les crises successives – pandémie de Covid-19, tensions logistiques mondiales, flambée des cours pétroliers – ont mis en évidence la vulnérabilité des économies dépendantes des importations de carburants.
Au cours des trois dernières années, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne ont engagé des programmes similaires : la Côte d’Ivoire a accru ses capacités de raffinage avec la SIR, le Nigeria a inauguré la mégaraffinerie Dangote, tandis que l’Angola a relancé la production locale via le projet de Cabinda. Le Cameroun, grâce à la raffinerie de Kribi et à la diversification de ses sources d’électricité, suit cette trajectoire d’autonomie énergétique.
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Des micro-infrastructures énergétiques
Dans le secteur de la production ou de la distribution de l’électricité, les engagements du groupe financier gabonais sont mixtes. Parallèlement aux grands chantiers, BGFI Cameroun expérimente des financements de moindre envergure destinés à appuyer la création de micro-infrastructures énergétiques. C’est le cas avec un engagement de 1,5 milliard de FCFA sur un total de 5 milliards de FCFA, apporté en 2024 pour la construction de la mini-entrale d’électricité de Mbakaou dans la région camerounaise de l’Adamaoua.
Ces solutions de proximité – mini-centrales solaires, réseaux isolés ou systèmes hybrides – permettent d’alimenter durablement des zones rurales encore mal desservies. L’établissement bancaire démontre ainsi que la transition énergétique peut aussi s’appuyer sur des projets rapides et inclusifs, sans attendre la mise en service de grands complexes industriels.
Au-delà des hydrocarbures, l’avenir du secteur énergétique camerounais dépendra largement du développement de l’électricité. Selon les dernières estimations du Compact Énergie 2024, le Cameroun devra mobiliser près de 9 milliards d’euros d’ici 2030 pour moderniser la production, le transport et la distribution électriques. Cette perspective ouvre de vastes opportunités aux institutions financières, dont BGFI, prêtes à accompagner la transformation énergétique du pays en tirant également profit.