Métaux stratégiques : le Zimbabwe tente de relancer un grand projet minier en s’ouvrant aux investisseurs
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Site minier de Darwendale, au Zimbabwe, l’un des plus importants gisements de platine du pays.
DR
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Site minier de Darwendale, au Zimbabwe, l’un des plus importants gisements de platine du pays.
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La compagnie publique zimbabwéenne Mutapa Platinum Group a annoncé cette semaine être en discussions avancées avec d’autres entreprises minières pour développer le projet de Darwendale, l’un des plus grands gisements de platine du pays. L’objectif est de lancer dès la fin du premier trimestre 2026 les travaux sur ce projet qui hébergerait des ressources totalisant 44 millions d’onces de métaux du groupe platine.
« Nous avons opté pour une approche collaborative dans le développement de cet actif, en nous rapprochant d’autres producteurs ou sociétés minières déjà présentes dans le secteur, afin d’examiner les possibilités de collaboration pour accélérer le projet », a déclaré Munashe Shava, directeur général de l’entreprise, selon des propos rapportés par Bloomberg, sans évoquer un investisseur en particulier, ni en préciser l’origine. « Nous sommes ouverts à toute partie disposant de financements solides et prêts à investir dans le projet », a-t-il ajouté.
Cette sortie intervient quelques mois après l’annonce par les autorités zimbabwéennes de plans visant à réduire l’échelle du projet. En juillet dernier, elles ont déclaré vouloir développer le gisement de Darwendale sous la forme d’une mine à ciel ouvert, abandonnant le projet initial de mine souterraine. Dans sa conception initiale avec un partenaire russe (qui s’est retiré en 2022), le projet devait coûter 450 millions de dollars pour sa première phase, montant qui a été revu à environ 50 millions de dollars.
Darwendale occupe une place importante dans la stratégie du gouvernement, qui cherche à multiplier les sources de production de platine, alors qu’elle accueille déjà sur son sol de grandes entreprises du secteur comme Impala Platinum Holdings, Sibanye Stillwater ou encore Valterra Platinum.
Cette ambition intervient dans un contexte favorable pour la matière première. Après plusieurs années de baisse de prix, le marché du platine a nettement rebondi depuis la seconde moitié de 2025. La demande progresse notamment dans l’industrie automobile, où le platine et le palladium sont utilisés dans les pots catalytiques destinés à réduire les émissions polluantes.
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Selon plusieurs sources concordantes, les prix du platine ont enregistré en 2025 leur plus forte hausse annuelle jamais observée, soutenus par une offre limitée, par la constitution de stocks et par des décisions réglementaires en Europe, qui prolongent l’utilisation des moteurs thermiques. Cette dynamique a redonné de la visibilité à des projets longtemps jugés difficiles à financer.
Pour les autorités zimbabwéennes, l’enjeu dépasse le seul projet de Darwendale. Le secteur minier représente environ 80 % des exportations du pays et près d’un cinquième des recettes publiques. Depuis plusieurs années, Harare affiche l’objectif de porter les revenus miniers à 12 milliards de dollars par an. Or, selon les données disponibles, le pays est encore loin de ce cap, n’ayant généré que 5,4 milliards $ en 2023, puis 5,56 milliards $ en 2024.
En dehors du platine, le pays multiplie également les initiatives dans d’autres filières comme l’or et le lithium pour se donner les moyens de concrétiser un jour cette ambition. S’il détient les troisièmes plus importantes réserves mondiales de platine (derrière l’Afrique du Sud et la Russie), le Zimbabwe est également le premier producteur africain de lithium. En ce qui concerne l’or, le pays revendique avoir produit en 2025 un total de 46,7 tonnes.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin