Électricité : l’indien Jindal Steel engagé pour moderniser la plus grande centrale au charbon du Zimbabwe
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La centrale thermique de Hwange, au Zimbabwe, la plus grande du pays.
DR
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La centrale thermique de Hwange, au Zimbabwe, la plus grande du pays.
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Le Zimbabwe a finalisé un accord de concession de 15 ans avec le groupe indien Jindal Steel en vue de la réhabilitation de la centrale thermique au charbon de Hwange. Le projet de modernisation, dont le coût est estimé à 455 millions de dollars (environ 387 millions d’euros), doit permettre d’ajouter 400 mégawatts supplémentaires au réseau électrique national dans un horizon de quatre ans.
Selon les détails rapportés lundi 29 décembre par l’agence Reuters, qui cite le directeur général par intérim de la compagnie publique d’électricité ZESA, Cletus Nyachowe, le contrat, approuvé par le gouvernement en septembre dernier, a été signé avec la filiale africaine de Jindal Steel.
L’accord porte sur la remise à niveau de plusieurs unités anciennes de la centrale de Hwange, qui a une capacité installée totale de 1 520 MW. En raison de pannes récurrentes et de leur vétusté, ces unités ne fonctionnent aujourd’hui qu’à environ un tiers de leur capacité nominale. Les travaux de réhabilitation, dont le démarrage est prévu au premier trimestre 2026, viendront compléter les extensions réalisées en 2023, qui avaient permis la mise en service de deux nouvelles unités représentant 600 MW additionnels.
La finalisation de ce partenariat intervient dans un contexte de tension sur le système électrique zimbabwéen. D’après le National Energy Compact publié cette année par les autorités, près de 38% de la population reste privée d’accès à l’électricité. Plus de 60% des ménages dépendent encore de la biomasse traditionnelle pour la cuisson, une situation qui concerne particulièrement les zones rurales et illustre l’ampleur de la précarité énergétique.
Selon le rapport, la pression sur le système électrique zimbabwéen devrait encore s’accentuer au cours des prochaines années, sous l’effet d’une hausse attendue de la demande dans plusieurs secteurs stratégiques. Les autorités anticipent notamment une montée en puissance des besoins énergétiques liés à l’expansion des activités minières, en particulier dans le platine, le lithium, l’or et d’autres minéraux associés à la transition énergétique.
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La demande devrait également progresser dans l’agriculture, sous l’effet du développement de l’irrigation et des capacités de transformation agroalimentaire, ainsi que dans l’industrie, avec l’émergence de nouvelles chaînes de valeur et de zones économiques spéciales. À ces dynamiques sectorielles s’ajoute la croissance démographique, marquée par la formation de nouveaux ménages et l’urbanisation, qui alimente la hausse de la consommation résidentielle.
Pour faire face à ces besoins et atteindre un accès universel à l’électricité d’ici à 2030, le gouvernement prévoit de combiner l’extension du réseau national, le développement de mini-réseaux et le déploiement de systèmes solaires autonomes. Cette stratégie repose également sur la mobilisation de plus de 9 milliards de dollars d’investissements dans la production, le transport et la distribution d’électricité, ainsi que dans les solutions hors réseau et les modes de cuisson propres, dont plus de 4,4 milliards de dollars attendus du secteur privé.
Dans ce cadre, la réhabilitation de la centrale de Hwange apparaît comme une solution de court et moyen terme visant à stabiliser l’offre électrique, en attendant la montée en puissance des énergies renouvelables, dont la part hors hydroélectricité est appelée à progresser dans le mix énergétique au cours de la décennie. À terme, les autorités espèrent que ces investissements contribueront à réduire les coupures d’électricité et à soutenir les priorités économiques du pays.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin