En Égypte, la BERD multiplie les lignes de crédit pour l’accès au financement des PME
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La National Bank of Egypt (NBE), première banque d’Egypte en termes d’actifs.
MM
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

La National Bank of Egypt (NBE), première banque d’Egypte en termes d’actifs.
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La National Bank of Egypt (NBE) a obtenu une ligne de financement de 85 millions d'euros (100 millions de dollars) auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour étendre son soutien aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) locales, selon un communiqué des autorités égyptiennes. Ce nouvel accord prolonge une dynamique qui a vu ces dernières années la BERD renforcer son appui aux banques égyptiennes sur ce segment.
La nouvelle ligne de crédit accordée à la NBE vise à renforcer le financement des MPME (micro, petites et moyennes entreprises) y compris celles dirigées par des jeunes et des femmes ainsi que les sociétés régionales. Selon les détails communiqués, lundi 8 décembre, l’accord a été signé durant la visite officielle en Égypte du premier vice-président de la BERD, Greg Guyett, récemment entré en fonction.
Pour Rania Al-Mashat, ministre de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale et gouverneure de l’Égypte auprès de la BERD, ce financement s’inscrit dans une politique plus large d’appui au secteur privé. Elle souligne que ces dispositifs contribuent à « renforcer le secteur privé et à stimuler les investissements », en s’appuyant sur des financements concessionnels destinés aux banques et aux entreprises. La ministre a insisté sur l’importance croissante de la collaboration entre la BERD et les banques locales, via la plateforme gouvernementale « Hafez », conçue pour faciliter l’accès à des financements innovants.
De son côté, Greg Guyett a indiqué que cet appui constitue « une étape importante dans un partenariat de longue date ». « Nous travaillons à élargir les opportunités pour les micro, petites et moyennes entreprises dans tout le pays - en particulier celles dirigées par des femmes et des jeunes, moteurs de l’innovation et de la croissance inclusive », a-t-il déclaré.
L’accord avec la NBE prolonge une série d’opérations similaires menées par la BERD dans le pays. En juillet 2025, la Banque Misr avait obtenu un prêt de 85 millions d’euros, destiné à renforcer l’accès au crédit des MPME, parmi lesquelles celles dirigées ou détenues par des femmes, et à financer des projets ayant un impact environnemental.
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Quelques mois plus tôt, la BERD avait conclu avec Qatar National Bank Egypt un mécanisme de partage des risques d’un montant maximal de 35 millions d’euros, couvrant jusqu’à 50 % des prêts accordés aux PME. Ce dispositif, soutenu par une garantie de l’Union européenne dans le cadre du FEDD+, inclut aussi l’introduction d’un outil d’évaluation des risques climatiques dans le portefeuille de la banque.
En février 2024, la Banque du Caire avait, elle aussi, obtenu un prêt de 43 millions d’euros pour soutenir les PME, avec un volet spécifique consacré aux microentreprises détenues par des femmes. « Ce financement soutiendra des projets dans des régions à l'extérieur de la capitale, en capitalisant sur la présence géographique de la BDC, notamment en Haute-Égypte, qui représente environ 55 % de la clientèle de la banque, dont les femmes et les jeunes représentent respectivement 35% et 40% », avait indiqué Tarek Fayed, le DG de la banque.
Les PME constituent un pilier de l’économie égyptienne. Selon plusieurs sources concordantes, elles représentent la majeure partie des entreprises du pays, contribuent à plus de 40% au PIB et concentrent plus de 75% des emplois dans le secteur privé. Malgré ce poids économique, elles restent confrontées à un déficit persistant d’accès au financement. Parmi les obstacles fréquemment évoqués figurent l’absence de garanties, la méconnaissance des produits bancaires et la lourdeur des procédures administratives.
Pour y remédier, le gouvernement a engagé plusieurs réformes, en l’occurrence l’obligation faite aux banques d’allouer 25% de leurs portefeuilles aux PME ou encore l’introduction de méthodes alternatives d’évaluation du risque. Les interventions de la BERD viennent soutenir cette trajectoire, en offrant aux banques des ressources additionnelles et en diffusant des outils permettant d’améliorer la gestion du risque, y compris le risque climatique.
L’Égypte peut s’en servir comme levier pour élargir l’accès au crédit, accompagner l’essor des entreprises dirigées par des femmes et renforcer la compétitivité des PME dans un contexte de réformes structurelles. Pour la BERD, ces opérations s’inscrivent dans une stratégie visant à appuyer les économies où le secteur privé joue un rôle moteur et à favoriser la transition vers des modèles productifs plus résilients. L’institution reste fortement présente en Égypte, l’un de ses principaux pays d’opération dans la région Sud et Est de la Méditerranée.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin
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