Les autorités burkinabè espèrent améliorer plusieurs indicateurs sociaux, notamment en réduisant le taux de pauvreté et en renforçant l’accès à l’éducation.
Pays sahélien de plus de 24 millions d’habitants, le Burkina Faso cherche depuis plusieurs années à relancer son économie, dans un contexte marqué par l’insécurité et une forte pression démographique. Si l’activité reste largement dépendante de l’or et de l’agriculture, les autorités comptent sur les infrastructures, l’énergie et l’industrialisation pour accélérer le développement.
Le Plan national de développement adopté pour la période 2026 -2030 constitue la nouvelle feuille de route économique du gouvernement burkinabè. Baptisé « RELANCE », il prévoit la mobilisation d’environ 36 190 milliards FCFA, soit près de 55,2 milliards d’euros, afin de financer plusieurs projets destinés à stimuler l’économie. La lecture du document de 131 pages qui en détaille les priorités permet de dégager plusieurs enseignements pour les investisseurs et partenaires du pays Ouest-africain.
Les détails clés
L’ampleur financière du programme marque une hausse des ambitions économiques du pays, alors que ce dernier vient de boucler sur la période 2021 - 2025 un plan d’un montant chiffré à 19 030,7 milliards FCFA (environ 29,01 milliards d'euros). Le nouveau plan repose sur quatre axes majeurs qui structurent les priorités de l’État. Il vise d’abord à consolider la sécurité et la cohésion sociale, dans un pays confronté depuis plusieurs années à des violences causées par des groupes armés jihadistes.
Il prévoit également une refondation de l’État et une amélioration de la gouvernance publique. Le développement du capital humain constitue un troisième axe, avec des investissements dans l’éducation, la formation et la santé. Enfin, le programme accorde une place importante au développement des infrastructures et à la transformation durable de l’économie.
Selon les détails communiqués, les dépenses d’investissement représentent environ 34,5% du coût total du plan, soit plus de 12 000 milliards FCFA (plus de 18,29 milliards d'euros. Pour financer les divers projets, les autorités comptent mobiliser à la fois les ressources budgétaires nationales, l’appui des partenaires techniques et financiers, ainsi que de nouveaux mécanismes de financement. Parmi ces instruments figurent l’actionnariat populaire, qui vise à permettre aux citoyens de participer directement au financement de certains projets, les contributions volontaires, ou encore les revenus tirés des participations de l’État dans différentes entreprises.
Malgré ces sources de financement, une part importante des ressources reste à sécuriser. Le document officiel estime que 10 955 milliards FCFA (environ 16,7 milliards d'euros), soit environ 30 % du coût total du programme, devront encore être mobilisés.
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Industrialisation, énergie et infrastructures
Le plan vise aussi à transformer la structure de l’économie burkinabè. L’objectif des autorités est de réduire la dépendance du pays aux importations de matières premières et de renforcer les activités productives locales. Dans cette perspective, elles souhaitent accroître la place de l’industrie dans la richesse nationale : la part des activités manufacturières dans le produit intérieur brut devrait ainsi passer d’environ 9,6% aujourd’hui à 17,7% à l’horizon 2030.
Le plan prévoit de même une expansion importante des capacités énergétiques du pays. La puissance électrique installée devrait passer d’environ 678 mégawatts actuellement à plus de 2 500 mégawatts d’ici la fin de la décennie. Cette augmentation vise à répondre aux besoins croissants en énergie, considérés comme l’un des principaux obstacles au développement industriel et à l’attractivité économique.
Les autorités espèrent également améliorer plusieurs indicateurs sociaux, notamment en réduisant le taux de pauvreté et en renforçant l’accès à l’éducation ainsi qu'à la formation professionnelle. L’ambition affichée est de soutenir une croissance économique plus inclusive, capable de générer davantage d’emplois et de réduire les inégalités sociales et territoriales.
Une économie résiliente, mais confrontée à plusieurs défis
Ce nouveau programme survient dans un contexte économique contrasté. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance du Burkina Faso a atteint environ 5 % en 2025, après 4,8 % en 2024. Les perspectives jusqu’en 2028 restent relativement favorables, avec une hausse du PIB attendue à entre 4,5 % et 5 % par an si la situation sécuritaire s’améliore.
La dynamique récente de l’économie repose en grande partie sur le secteur aurifère, qui constitue le principal moteur des exportations burkinabè. La hausse des prix internationaux du métal jaune a soutenu la production et les recettes publiques, ce qui a permis d’améliorer les comptes extérieurs et de réduire le déficit budgétaire. Mais malgré ces évolutions positives, plusieurs fragilités structurelles persistent.
Le PIB par habitant demeure faible, autour de 861 euros par an, et près de la moitié de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. L’accès au financement reste également limité, le crédit au secteur privé ayant reculé ces dernières années dans un contexte de prudence du système bancaire et de consolidation budgétaire.
Dans ce contexte, la réussite de cette feuille de route dépendra autant de la mobilisation des financements nécessaires que de la capacité des autorités à améliorer l’environnement économique et sécuritaire du pays. L’évolution des cours des matières premières et la stabilité régionale seront également des facteurs déterminants pour concrétiser les ambitions de transformation économique affichées par le gouvernement burkinabè.