Érigée en priorité par le Plan d’action pour la stabilisation et le développement (PA-SD) et la Politique sectorielle de production agro-sylvo-pastorale (PS-PASP), l’agriculture est appelée à jouer un rôle moteur dans la résilience économique, la sécurité alimentaire et la transformation structurelle du Burkina Faso.
Au Burkina Faso où l’agriculture reste un pilier de l’économie, de l’emploi et de la sécurité alimentaire, les investissements dans les filières vivrières occupent une place croissante dans la stratégie publique. C’est dans ce contexte que la Banque mondiale a approuvé, le 10 mars, un financement de 215,9 millions USD, soit environ 187,6 millions d'euros, en faveur du secteur.
Productivité et modernisation
Ce financement doit appuyer le Projet d’appui à la transformation de l’agriculture au Burkina Faso, centré sur les chaînes de valeur du riz et du maïs. Le programme vise à améliorer la productivité, à moderniser les infrastructures de transformation, à faciliter l’accès aux marchés et à réduire certaines contraintes de financement qui freinent encore l’investissement privé et l’adoption de nouvelles technologies.
« L’agriculture demeure un pilier central de l’économie burkinabè et un levier essentiel pour la sécurité alimentaire et la résilience des populations rurales. À travers ce projet, la Banque mondiale réaffirme son engagement à accompagner le Burkina Faso dans la transformation de son secteur agricole, pour une croissance plus inclusive et durable », a déclaré Hamoud Abdel Wedoud Kamil, représentant résident de l’institution dans le pays Ouest-africain.
Il faut noter que le secteur agricole au sens large du terme, constitue une composante déterminante de l’économie burkinabè, mobilisant près de 90 % de la population active. Tiré notamment par le coton, principale culture de rente du pays, il représente environ 40 % du produit intérieur brut, répartis entre l’agriculture (25%), l’élevage (12%) et la foresterie et la pêche (3 %). Malgré ce poids, le secteur reste marqué par une faible transformation locale et des contraintes structurelles, qui limitent encore la création de valeur et la résilience des filières.
Un appui inscrit dans les priorités nationales
Le projet survient alors que le Burkina Faso déploie plusieurs initiatives destinées à renforcer sa souveraineté alimentaire, à réduire sa dépendance aux importations, à créer des emplois et à promouvoir le secteur privé. Il s’inscrit dans les priorités définies par le Plan d’action pour la stabilisation et le développement (PA-SD) et la Politique sectorielle de production agro-sylvo-pastorale (PS-PASP), qui portent l’ambition d’une transformation structurelle de l’économie à partir des secteurs productifs.
Le programme sera mis en œuvre dans quatre des dix-sept régions du pays. Ces zones ont été retenues pour leur potentiel agricole, la présence de chaînes de valeur prioritaires et les possibilités d’extension d’interventions déjà conduites dans le cadre du Projet de résilience et de compétitivité agricoles (PReCA), également financé par la Banque mondiale.
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Une attention particulière sera portée aux femmes et aux jeunes, avec l’objectif de renforcer leur participation aux chaînes de valeur et de soutenir la création d’emplois durables en milieu rural. Dans un contexte marqué par les vulnérabilités sécuritaires, climatiques et sociales au Sahel, l’enjeu pour le Burkina Faso est aussi de mieux transformer localement sa production agricole, afin d’en faire un levier plus solide de résilience et de croissance.