RDC : le plus grand producteur d’huile de palme veut lancer sa propre raffinerie

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Monique Gieskes, directrice générale de Plantations et Huileries du Congo (PHC).
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Monique Gieskes, directrice générale de Plantations et Huileries du Congo (PHC).
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Plantations et Huileries du Congo (PHC), premier producteur industriel d’huile de palme en RDC, envisage de lancer à l’horizon 2028, sa propre raffinerie. L’annonce a été faite par Monique Gieskes, directrice générale de la société, au cours d’un entretien accordé à Forbes Afrique, la semaine dernière.
Jusqu’à présent, PHC se concentre surtout sur la production d’huile de palme brute (CPO) et d’huile de palmiste (PKO), qu’elle écoule auprès de raffineurs implantés à Kinshasa, dans le Kongo Central, ainsi qu’auprès d’autres industriels locaux.
Avec la future raffinerie, l’entreprise entend internaliser le raffinage d’une partie de sa propre production, tout en maintenant l’approvisionnement de ses clients actuels en huile brute.
Cette stratégie d’intégration verticale doit lui permettre de remonter la chaîne de valeur, en passant du statut de simple fournisseur de matière première à celui d’acteur de référence sur des produits finis ou semifinis destinés au marché congolais.
Contrôlée à environ 76% par le fonds Kuramo Capital Management, la société possède actuellement 30 000 hectares de palmeraies sur 106 000 hectares de concession réparties dans les provinces de l’Equateur, la Mongala et la Tshopo.
Selon Mme Gieskes, l’entreprise entend booster ses opérations en produisant 100 000 tonnes d’huile brute dès cette année. Un tel volume marquerait un changement d’échelle pour le groupe, dont l’offre était passée de 40 000 tonnes à 80 000 tonnes entre 2021 et 2023, mais n’a atteint que 81 000 tonnes l’an dernier.
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Cette annonce de PHC s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par un marché congolais structurellement déficitaire en huile de palme. Malgré une production de 300 000 tonnes en 2023, selon la FAO, qui place la RDC parmi les cinq principaux producteurs africains aux côtés du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Ghana, le pays ne couvre pas encore ses besoins.
Avec la croissance des besoins humains et industriels, le pays s’est mué en importateur net de la denrée depuis des pays asiatiques comme l’Indonésie et la Malaisie.
D’après le Département américain de l’Agriculture (USDA), l’huile de palme est actuellement le 5e produit alimentaire le plus importé par la RDC derrière le sucre, la viande de poulet, les soupes/bouillons et les boissons.
Entre 2019 et 2023, les achats sont passés de 54,2 millions de dollars (46 millions d'euros) à 84 millions de dollars (71,5 millions d'euros), comme l’indiquent les données relayées par l’organisme américain.
Dans ce contexte, la montée en puissance de PHC constitue un atout important pour la sécurité alimentaire et industrielle du pays.
Une hausse de la production, combinée à un développement effectif des capacités de raffinage, pourrait permettre de réduire progressivement la dépendance aux importations et stabiliser les prix pour les consommateurs.
Il faut souligner que la RDC a encore de fortes marges de progression de sa production d’huile de palme, étant donné son potentiel foncier considérable.
Selon un rapport conjoint publié en 2019 par le Centre de recherche forestière internationale et le Centre mondial de l’agroforesterie (CIFOR-ICRAF), la RDC abrite à elle seule 60% des quelques 280 millions d’hectares de terres favorables à la culture du palmier à huile dans le Bassin du Congo. La superficie restante est partagée entre le Cameroun (11%) et la République du Congo (10%).
Espoir Olodo, Agence Ecofin