L’Angola teste un nouveau système de captage de CO₂ sur une plateforme pétrolière en mer

Le système capte le CO₂ issu du gaz torché, le traite, puis le réinjecte dans le flux de gaz utilisé pour le fonctionnement de l’installation.
Photo DR

Le système capte le CO₂ issu du gaz torché, le traite, puis le réinjecte dans le flux de gaz utilisé pour le fonctionnement de l’installation.
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L’Angola vient de mettre en service, sur le FPSO Agogo (un navire de traitement et de stockage des hydrocarbures extraits en mer), le tout premier système offshore de captage et de stockage de CO₂ en post-combustion, directement intégré à une unité de production pétrolière.
Développé dans le cadre d’un partenariat entre Azule Energy (Eni et BP), Yinson Production et Carbon Circle, le système capte le dioxyde de carbone issu du gaz torché de la plateforme. Une fois capté, le CO₂ est traité, puis réinjecté dans le flux de gaz utilisé pour le fonctionnement de l’installation, limitant ainsi les émissions directes tout en optimisant le circuit existant plutôt que de créer une nouvelle chaîne logistique.
L’intérêt de cette approche réside dans son intégration à une installation déjà en fonctionnement. Dans un environnement offshore (en mer), les contraintes sont nombreuses : espace limité, conditions marines exigeantes et nécessité d’assurer une continuité de production. Le fait de pouvoir déployer une technologie de captage sans interrompre les opérations constitue donc une avancée opérationnelle notable.
Le FPSO Agogo s’inscrit dans le développement du projet offshore du même nom, situé dans le bloc 15/06 au large de l’Angola. L’unité combine production, stockage et traitement des hydrocarbures, avec une capacité de production de l’ordre de 120 000 barils par jour. Elle constitue un élément central d’un ensemble plus large de champs pétroliers en développement, intégrant des enjeux de performance industrielle et de réduction des émissions.
Au-delà de la dimension technique, ce type d’initiative répond à un enjeu structurel pour l’industrie pétrolière et gazière, qui reste l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Le captage et le stockage du carbone s’imposent progressivement comme des solutions complémentaires, permettant de réduire les émissions sans remettre en cause, à court terme, les activités de production énergétique.
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Les technologies de captage et de stockage du carbone connaissent une montée en puissance dans le monde. Fin 2025, 77 projets étaient opérationnels, contre 50 un an plus tôt, soit une hausse de 54 % du nombre d’installations, selon le Global Status of CCS 2025, qui dresse un état des lieux des avancées du secteur. Cette progression s’accompagne d’une augmentation des capacités en développement, portée par les engagements climatiques et la pression croissante exercée sur les industries émettrices.
Toutefois, malgré cette dynamique, le déploiement reste en deçà des besoins et demeure inégal selon les régions. L’Afrique en particulier, reste peu dotée en infrastructures de ce type, ce qui confère à l’initiative angolaise une dimension expérimentale et potentiellement structurante.
Cette phase d’expérimentation permet également de recueillir des données techniques essentielles pour envisager une éventuelle industrialisation. L’objectif est de comprendre comment ce type de technologie peut s’intégrer durablement dans les opérations en mer, tout en répondant aux exigences de sécurité, de performance et de rentabilité.
À terme, le développement de solutions de captage de CO₂ dans les infrastructures pétrolières pourrait faire évoluer les standards de l’industrie. L’enjeu dépasse la seule installation concernée, et réside dans la capacité à reproduire et adapter ces dispositifs à des contextes similaires. Une évolution encore à ses débuts, mais appelée à peser dans la transformation du secteur à l’échelle internationale.