Énergie, infrastructures, agriculture… : 50 entreprises françaises à l’assaut du marché guinéen

Muriel Edjo, Agence Ecofin

Forum d’affaires Guinée–France, à Conakry
Photo DR

Muriel Edjo, Agence Ecofin

Forum d’affaires Guinée–France, à Conakry
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Du 30 mars au 1er avril der,ier, une délégation de 50 entreprises françaises a séjourné en Guinée, à l’initiative de Bpifrance, dans le cadre d’un « Parcours Business International » aligné sur le programme gouvernemental Simandou 2040. À travers cette mission de prospection, la France cherche à se positionner sur les marchés que Conakry entend structurer, notamment dans l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, mais aussi le numérique, l’eau, la santé, les transports, l’industrie, la formation professionnelle, le BTP et l’ingénierie.
Selon Bpifrance, cette mission est conçue comme une immersion de trois jours faite de rencontres institutionnelles, de sessions sectorielles, de rendez-vous d’affaires, ainsi que des visites de sites industriels et d’exploitations agricoles. Le message porté par les autorités guinéennes se veut clair : faire du mégaprojet minier de Simandou non pas une simple source de revenus extractifs, mais le point d’appui d’une transformation économique plus large, capable de structurer des filières locales et d’attirer des partenaires industriels sur le long terme.
Le forum d’affaires Guinée-France, organisé à Conakry pendant ce voyage d’affaires, a été un temps fort de partage d’expériences et d’exploration de partenariats entre grands groupes français comme Eiffage, Bouygues Bâtiment International ou encore Tactis et divers acteurs publics et privés guinéens. Pour la Guinée, l’objectif est de traduire la dynamique du corridor Simandou en investissements concrets. Pour les entreprises françaises, il s’agit de se positionner en amont sur un marché en recomposition, à un moment où les besoins d’ingénierie, de financement et de transfert de compétences sont particulièrement élevés.
Côté guinéen, les autorités présentent Simandou 2040 comme un cadre de transformation structurelle. Le programme repose sur plus de 200 milliards de dollars d’investissements projetés, articulés autour de 5 piliers, 122 mégaprojets et 36 réformes structurantes. Des chiffres officiels qui témoignent de l’ampleur des ambitions à concrétiser — une responsabilité pleinement assumée par le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé. « Je suis particulièrement attentif à l’impact concret de nos partenariats. Chaque projet doit non seulement renforcer nos capacités locales, mais aussi créer des emplois durables et soutenir une croissance inclusive, qui profite réellement à tous les Guinéens », affirme-t-il.
La France, elle, avance ses pions de manière structurée. Bpifrance présente cette démarche comme une stratégie de « co-construction » en Afrique de l’Ouest. Le ministère guinéen du Plan rappelle, pour sa part, que plus de 500 millions d’euros ont déjà été mobilisés par le passé avec l’appui de Bpifrance pour divers projets, notamment la télévision numérique terrestre (TNT), les infrastructures hospitalières modernes, les ponts métalliques et le renforcement des réseaux énergétiques. En d’autres termes, cette mission s’inscrit dans une relation économique déjà établie, que Paris cherche désormais à densifier à travers des projets plus structurants.
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Reste à voir si l’offensive française débouchera sur des contrats dans les prochains jours. C’est tout l’enjeu de cette séquence engagée à Conakry.
Muriel Edjo, Agence Ecofin