En décembre 2025, Fitch Ratings a abaissé la note souveraine du Gabon à CCC, évoquant entre autres de fortes tensions sur la trésorerie de l’État et un accès de plus en plus contraint aux marchés.
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Gabon : l’option FMI pour rassurer les marchés et les bailleurs de fonds
Sous pression budgétaire et après la dégradation de sa note souveraine, le Gabon se tourne vers le FMI pour restaurer la crédibilité macroéconomique et sécuriser ses besoins de financement, dans un contexte de budget de l'État en hausse.
Le gouvernement du Gabon a annoncé le 21 janvier son intention de mettre en œuvre un programme économique avec l’appui du Fonds monétaire international, affirmant vouloir renforcer la stabilité macroéconomique et soutenir le développement économique et social. Dans son communiqué, l’exécutif précise que cette initiative vise à « mettre en œuvre un programme économique de croissance avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI), dans l’intérêt macroéconomique de la sous-région CEMAC et pour répondre aux ambitions de développement économique et social du pays ».
Cette annonce survient dans un contexte de fragilisation notable des finances publiques. En décembre 2025, l’agence Fitch Ratings a abaissé la note souveraine du pays à CCC, évoquant de fortes tensions sur la trésorerie de l’État, un accès de plus en plus contraint aux marchés et une dette publique en hausse rapide.
Dans ce cadre, l’engagement affiché avec le FMI constitue un signal adressé aux marchés et aux bailleurs de fonds. Libreville insiste sur son engagement en faveur de la transparence et de la gouvernance, rappelant que les discussions avec l’institution ont porté sur « le renforcement de la gouvernance, la promotion de la transparence dans la gestion des ressources publiques et l’amélioration des conditions de vie des populations ».
Entre ambitions budgétaires et contraintes de financement
Le Gabon s’est doté d’un ambitieux budget 2026 à 9,7 milliards d'euros, marqué par une hausse des investissements publics et des dépenses sociales, dans un contexte politique post-transition. Cette trajectoire budgétaire vise à soutenir la croissance et à répondre aux attentes sociales, mais elle accentue les besoins de financement dans un environnement où la perception du risque souverain s’est dégradée.
La nomination de Thierry Minko à la tête du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations début janvier s’inscrit dans le cadre cette équation délicate. Le nouveau ministre hérite d’un portefeuille marqué par la montée de la dette, des tensions de trésorerie, ainsi qu'une dépendance accrue au marché régional de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), alors même que les règles communautaires imposent une discipline budgétaire renforcée.
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Dans son communiqué, le gouvernement affirme vouloir s’aligner sur ces orientations communautaires, soulignant qu’il « s’attellera à une harmonisation budgétaire soutenable et conforme aux directives sous-régionales ». Pour rappel, le pacte de convergence de la CEMAC, qui réunit avec le Gabon, cinq autres pays d’Afrique centrale ayant en commun le Franc CFA comme monnaie, impose un solde budgétaire de base (hors dons) inférieur ou égal à 0% du PIB, un taux d’inflation annuel inférieur ou égal à 3%, et une dette publique totale inférieure ou égale à 70%.
Dans son rapport sur le pays d'Afrique centrale en décembre 2025, Fitch projetait que la dette gabonaise pourrait dépasser 80% du PIB en 2025, dépassant ainsi le seuil de convergence dans un contexte de déficits persistants et d’arriérés accumulés.
Libreville réaffirme également son engagement à appliquer le programme avec le FMI « dans un esprit de responsabilité, de transparence et de coopération, au service de la stabilité macroéconomique et du développement du pays ». Si l’annonce reste déclarative et sans précisions sur la nature de l’accord envisagé, le calendrier ou les conditionnalités, elle traduit une nouvelle orientation stratégique. Pour les autorités gabonaises, l’option FMI pourrait devenir un levier central pour restaurer la crédibilité budgétaire, sécuriser des financements concessionnels et stabiliser la trajectoire macroéconomique du pays.