Après une première commande de 70 millions d'euros en 2024, Barrick s’approvisionne de nouveau auprès du finlandais Metso pour l’extension de sa mine de cuivre de Lumwana, en Zambie. Ce choix s’inscrit dans un projet industriel de 1,7 milliard d'euros, visant à doubler les capacités de production du site à l’horizon 2028.
Le groupe canadien Barrick Mining a de nouveau retenu une technologie de flottation développée par Metso pour l’extension de sa mine de cuivre de Lumwana, située dans le nord-ouest de la Zambie. L’annonce, faite le 19 janvier dernier par le fournisseur finlandais, précise que la commande porte sur l’équipement du concentrateur, l’usine chargée de transformer le minerai extrait en concentré de cuivre destiné aux fonderies.
Barrick a sélectionné la technologie de flottation Concorde Cell, qui sera intégrée au circuit de traitement du concentrateur aux côtés de la technologie TankCell, déjà choisie pour le projet. Selon Metso, cette combinaison vise à optimiser le schéma de traitement des minerais, en particulier pour les particules fines et ultrafines, et à assurer une meilleure régularité de la teneur des concentrés produits.
Ce nouveau choix technologique s’inscrit dans une relation industrielle engagée depuis septembre 2024. À l’époque, Barrick avait attribué à Metso une commande d’environ 70 millions d’euros pour la fourniture d’équipements du concentrateur de Lumwana, couvrant notamment le broyage, la flottation, l’épaississement, l’alimentation et la filtration.
1,7 milliard d'euros pour doubler la production
Officiellement lancé en octobre 2024, le projet d’extension de la mine de Lumwana doit s’achever en 2028. D’un coût estimé à 2 milliards USD (environ 1,7 milliard d’euros), cet agrandissement implique la construction d’une nouvelle usine, afin de faire passer le débit de traitement annuel de 27 millions de tonnes actuellement à 52 millions de tonnes à la fin des travaux.
Cela devrait permettre de doubler la production annuelle moyenne, de 120 000 tonnes à 240 000 tonnes de cuivre, avec des pics supérieurs à 300 000 tonnes par an au cours des deux prochaines décennies. Le projet s’inscrit ainsi dans la stratégie de croissance de la production cuprifère zambienne, avec en ligne de mire les 3 millions de tonnes par an d’ici 2031. À titre de comparaison, l'ensemble des mines du deuxième producteur africain de cuivre ont livré 820 676 tonnes en 2024. « Avec cette extension qui prend de l'ampleur, Lumwana est en passe de rejoindre la liste mondiale des grandes mines de cuivre stratégiquement importantes, et de devenir un puissant moteur de croissance pour la Zambie et Barrick », a souligné en juillet 2025 Mark Bristow, alors PDG du groupe minier canadien.
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Pour Barrick, deuxième producteur mondial d’or en 2024, l’agrandissement de Lumwana s’inscrit aussi dans une stratégie de diversification et de croissance dans le cuivre. Le groupe ambitionne de doubler sa production du métal rouge à l’horizon 2031, pour atteindre un volume annuel de 1 milliard de livres, soit environ 450 000 tonnes. Afin de mieux refléter la place croissante que le cuivre est appelé à occuper dans son portefeuille, le groupe a d’ailleurs changé de nom l’année dernière, passant de Barrick Gold à Barrick Mining.
Une stratégie à surveiller
L’intérêt de Barrick pour le cuivre s’explique par des perspectives jugées favorables à long terme, tant du côté de la demande que des prix. Alors que la demande mondiale est attendue en forte hausse, notamment sous l’effet de la transition énergétique, l’offre peine à suivre en raison d’investissements jugés insuffisants. S&P anticipe ainsi un déficit de 24% d’ici 2040, tandis que l’Agence internationale de l’énergie évoque un déficit de 30% dès 2035. Dans ce contexte, Goldman Sachs estime que le cuivre pourrait se négocier à 15 000 dollars (environ 12 800 euros) la tonne en 2035, contre un pic historique d’environ 13 300 dollars (environ 11 300 euros) actuellement.
La stratégie de la société pourrait toutefois être réévaluée à la lumière du changement de leadership survenu après la démission de Mark Bristow. En septembre 2025, son dirigeant sud-africain a quitté ses fonctions, sur fond d’interrogations relayées par la presse internationale concernant l’exposition du groupe à des juridictions considérées comme risquées, notamment à travers un projet de mine de cuivre au Pakistan évalué à au moins 7 milliards de dollars (environ 6 milliards d’euros).
Si le cas de la Zambie n’a pas été cité, une scission du groupe est désormais envisagée par l’actuel PDG par intérim, Mark Hill. Cette scission prévoirait la création d’une entité centrée sur les actifs aurifères en Amérique du Nord, et d’une autre dédiée aux projets en Afrique et en Asie. Bien que l’extension de Lumwana soit aujourd’hui bien engagée, la trajectoire future du projet pourrait donc évoluer dans un cadre stratégique différent.