La CAN 2025 qui s’est achevée dimanche au Maroc avec la victoire du Sénégal a remis les projecteurs sur une industrie devenue colossale à travers le monde : le sport business. Longtemps vivier de talents, l’Afrique est désormais regardée comme un marché d’investissement sportif. Explications.Événementiel, sponsoring, marketing sportif, droits TV, vente de produits dérivés, billetterie, gestion des clubs… Le marché mondial du sport business pèse plus de 500 milliards de dollars en 2025 selon les estimations de l’IRSS et devrait franchir la barre des 600 milliards d’ici 2030 d’après les projections du cabinet américain Kearney, représentant environ 2% du PIB planétaire. Si en Amérique et en Europe en l’occurrence, l’industrie affiche une croissance soutenue, en Afrique le potentiel reste considérable et la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) qui s’est achevée à Rabat le 18 janvier par la victoire du Sénégal face au Maroc en est considérée comme la démonstration. « La performance économique de la compétition a généré une augmentation de plus de 90% des revenus de la CAF [Confédération africaine de football, Ndlr] liés à la CAN 2025 », déclare dans un communiqué l’instance continentale présidée par le sud-africain Patrice Motsepe.
Un retour sur investissement conséquent au Maroc
Pour le pays hôte, aussi, les nouvelles sont « très satisfaisantes », selon le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, qui assure que les investissements consentis - plus de 5 milliards de dollars - pour les préparatifs de cette grand-messe du football africain ont généré « un effet multiplicateur de 1,82 » et la création de 100 000 emplois, grâce à l’engagement de plus de 3 000 entreprises. « C’est l’une des CAN les plus rentables de l’histoire pour la CAF et pour le pays organisateur », a-t-il déclaré à La Tribune Afrique, soulignant que « le Maroc a gagné dix ans de développement » grâce aux infrastructures mises en œuvre.
Au-delà de ce que font des Etats comme celui du Maroc ou du Rwanda qui brille également par son engagement dans l’essor économique du sport, cette dimension du développement est désormais recherchée par les investisseurs qui regardent et étudient attentivement pour les uns et n’hésitent pas à poser des pas fermes pour les autres. C’est ce qui ressort du Game Time Africa Summit qui a réuni à Rabat la semaine dernière, un parterre de grosses pointures de la finance publique et privée et du sport mondial dont Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Greg Carey, co-responsable mondial des services bancaires d’investissement dans le sport de Goldman Sachs ou Arsène Wenger, ancien entraîneur d’Arsenal aujourd’hui directeur du développement du football mondial à la FIFA, Ronny Turiaf de la NBA ou encore David Mignot, CEO de Canal+ Africa.