Joe Lonsdale, cofondateur de Palantir, investit dans Terra Industries, start-up nigériane spécialisée dans les drones et la sécurité des infrastructures.
Alors qu’elle vient d’annoncer la mise en service à Abuja d’une unité industrielle dédiée à la fabrication de drones, présentée comme la plus importante du continent, la jeune société nigériane Terra Industries attire l’attention d’investisseurs de premier plan. Parmi eux figure Joe Lonsdale, cofondateur de Palantir et milliardaire américain.
Terra Industries, une jeune entreprise africaine spécialisée dans les technologies de défense, a levé près de 12 millions de dollars (environ 10 millions d’euros) afin de développer et produire sur le continent des systèmes de sécurité autonomes destinés à la protection d’infrastructures stratégiques. Le tour de table a été dirigé par la société de capital-risque 8VC du milliardaire américain Joe Lonsdale.
Selon les détails publiés le 12 janvier, les fonds qui ont participé à la levée comprennent Valor Equity Partners, Lux Capital, SV Angel, Leblon Capital, Silent Ventures et Nova Global. L’entreprise indique que des investisseurs individuels parmi lesquels se trouve Micky Malka ont également pris part au tour de table.
La répartition précise des montants investis par chacun des participants n’a pas été communiquée. Alex Moore, associé chez 8VC en charge des investissements dans le secteur de la défense, et par ailleurs administrateur de Palantir, a rejoint le conseil d’administration de Terra Industries en 2025, précise le communiqué de la société.
Sécurité des infrastructures
Fondée en 2024 par Nathan Nwachuku, 22 ans, et Maxwell Maduka, 24 ans, Terra Industries conçoit et fabrique des systèmes de sécurité autonomes destinés aux gouvernements et aux opérateurs d’infrastructures. L’entreprise développe des solutions permettant de surveiller et sécuriser des environnements terrestres, aériens et maritimes, dans des contextes où les dispositifs de sécurité traditionnels sont jugés difficiles à déployer.
Selon l’entreprise, ses technologies sont déjà utilisées pour protéger des centrales électriques, des sites miniers et d’autres actifs stratégiques dans plusieurs pays africains, notamment au Nigeria et au Ghana. Parmi les projets cités figurent la centrale électrique de Geometric Power à Aba, deux centrales hydroélectriques dans le nord du Nigeria, ainsi que des opérations d’extraction d’or et de lithium.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Le portefeuille de Terra comprend notamment des drones de moyenne et longue portée, des tours de surveillance autonomes, des véhicules terrestres sans pilote et des systèmes de surveillance maritime. Ces équipements sont pilotés par une plateforme logicielle interne, ArtemisOS, qui permet la collecte et l’analyse de données, la planification de missions et la coordination des systèmes déployés sur le terrain.
Récemment, l’entreprise a également annoncé la mise en service à Abuja d’un site industriel consacré à la fabrication de drones. Présentée par Terra comme la plus grande usine de ce type en Afrique, l’installation afficherait une capacité de production allant jusqu’à une vingtaine de drones par jour, dont une large part des composants serait fabriquée localement. L’entreprise indique que ce site s’inscrit dans une stratégie plus large visant à développer des capacités industrielles réparties sur le continent.
Pourquoi 8VC et Joe Lonsdale s’intéressent à Terra Industries
Pour 8VC, l’investissement dans Terra Industries s’inscrit dans une lecture stratégique des dynamiques africaines. Dans sa communication, le fonds met en avant le potentiel économique du continent, porté par une population jeune et en forte croissance, l’accélération des investissements dans les infrastructures et le rôle central de l’Afrique dans l’approvisionnement mondial en minéraux critiques. Autant de facteurs qui, selon lui, renforcent les besoins en solutions de sécurisation adaptées à des environnements industriels en expansion.
Le fonds évoque également un ensemble de risques structurels qui fragilisent les infrastructures et les chaînes de valeur. Dans ce contexte, 8VC estime que les dispositifs de sécurité historiquement déployés en Afrique, souvent fondés sur des moyens humains et des interventions réactives, montrent leurs limites.
« Avant Terra, les secteurs public et privé africains dépendaient de solutions technologiques fragmentées et jugées insuffisantes, souvent importées de pays étrangers comme la Chine ou l’Inde […] Selon 8VC, les défis structurels de l’Afrique ne peuvent être relevés par des fournisseurs ou investisseurs traditionnels, distants et peu impliqués », peut-on lire dans une note publiée sur son site.
8VC indique vouloir accompagner l’entreprise au-delà du seul apport en capital, en mobilisant également son expertise sectorielle. L’objectif affiché est d’accompagner l’émergence d’un acteur africain des technologies de défense, dans un environnement marqué à la fois par une industrialisation rapide et par des risques géopolitiques élevés.