L’objectif est d’atteindre un accès universel à internet avec des débits d’au moins 100 Mbps, jugés nécessaires pour soutenir une économie numérique inclusive.
Malgré un taux de connexion relativement élevé, l’Afrique du Sud reste confrontée à des inégalités persistantes en matière d’accès à Internet. Alors que la transition numérique s’impose comme levier de développement économique et social, les autorités veulent mieux structurer les investissements dans le secteur.
L’Afrique du Sud aura besoin de 142 milliards de rands d’investissement d’ici 2035, soit environ de 7,2 milliards d’euros, pour atteindre un accès universel à l'internet haut débit. C’est ce qu’indique une étude publiée le lundi 30 mars sous la forme d’une feuille de route, par la Banque de développement de l’Afrique australe (DBSA), en partenariat avec la Commission nationale de planification (NPC).
Généraliser le haut débit
La feuille de route vise à transformer les objectifs de politique publique en un plan d’investissement concret, en identifiant les besoins financiers, les priorités d’action et les modalités de mise en œuvre. Elle met en évidence plusieurs axes d’intervention, allant de l’extension des réseaux de fibre optique au renforcement des infrastructures mobiles, en passant par le développement des centres de données et l’amélioration de l’accès dit du dernier kilomètre, c’est-à-dire la connexion finale entre les réseaux et les utilisateurs.
Le document propose également plusieurs trajectoires d’investissement afin d’adapter le déploiement aux contraintes économiques et aux ambitions du pays. Il insiste sur la nécessité de mobiliser des financements diversifiés, à travers des partenariats public-privé et des mécanismes de financement mixte, afin de soutenir le développement des infrastructures.
Au-delà des aspects techniques, la stratégie intègre des dimensions essentielles à une connectivité effective, telles que l’accessibilité financière des services, le développement des compétences numériques et le renforcement des capacités institutionnelles. L’objectif affiché est d’atteindre un accès universel au haut débit, avec des débits d’au moins 100 Mbps, condition jugée nécessaire pour soutenir une économie numérique inclusive.
Dans la continuité des plans nationaux
Le document présenté par la DBSA et la NPC s’inscrit dans la continuité des politiques publiques engagées depuis plusieurs années pour développer l’accès au haut débit.
L’Afrique du Sud a lancé en 2013 le programme SA Connect pour généraliser l’accès à Internet à travers le déploiement d’infrastructures dans les écoles, les établissements de santé et les zones rurales, tout en réduisant les coûts pour les utilisateurs. La première phase, qui a servi de module d’expérimentation, a porté sur la fourniture d'une connectivité Internet de 10 Mbps à près de 970 administrations publiques essentielles.
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Après cette première phase, une deuxième a été lancée fin 2023 afin d’étendre l’accès à une part plus large de la population. Les autorités avaient à l’époque fixé comme objectif de porter la couverture du haut débit à environ 80% des administrations, des communautés et des foyers.
Un accès encore inégal, au cœur des enjeux du numérique
Malgré ces efforts, la réalité de l’accès à Internet en Afrique du Sud met en évidence des disparités profondes. Une importante majorité des ménages, environ 90%, ne dispose toujours pas d’une connexion Internet à domicile, ce qui limite l’usage des services numériques dans la vie quotidienne.
L’accès repose principalement sur les réseaux mobiles, qui couvrent une grande partie du territoire. Si cette solution permet une diffusion relativement large d’Internet, elle ne garantit pas toujours des débits élevés ni une stabilité suffisante pour certains usages, notamment professionnels ou éducatifs.
Les inégalités sont aussi marquées selon les niveaux de revenus. Selon les analyses de plusieurs sources concordantes, les technologies les plus performantes, comme la fibre optique, restent concentrées dans les zones urbaines et les ménages les plus aisés, tandis que les populations à revenus modestes dépendent davantage de solutions alternatives, souvent moins performantes. Ces écarts se retrouvent également entre les territoires, les zones rurales accusant un retard en matière d’accès et de qualité de service.
Si un tel contexte montre tout l’intérêt d’une feuille de route structurée comme celle publiée cette semaine, plusieurs incertitudes demeurent quant à sa mise en œuvre. Celle-ci dépendra de la capacité des autorités à mobiliser les financements requis, à coordonner les acteurs publics et privés, et à surmonter les obstacles récurrents propres à ce type de programmes déployés sur plusieurs années.