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Fruits : le français Omer-Decugis & Cie élargit son portefeuille africain en acquérant une société ivoirienne

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Publié le 10 décembre 2025 à 11:02

Omer-Decugis & Cie revendique pour l’exercice clos le 30 septembre 2025 un chiffre d’affaires de 284,8 millions €.

Omer-Decugis & Cie revendique pour l’exercice clos le 30 septembre 2025 un chiffre d’affaires de 284,8 millions €.

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L’annonce survient dans un contexte marqué par une attention accrue portée à la sécurisation des approvisionnements en fruits frais, tandis que l’Afrique de l’Ouest confirme son rôle de fournisseur stratégique dans les filières tropicales. La Côte d’Ivoire, premier exportateur de mangues de la région, concentre l’attention des groupes européens soucieux de mieux maîtriser leur amont agricole.

Le groupe français Omer-Decugis & Cie a indiqué il y a quelques jours avoir acquis 100% du capital de Vergers du Bandama, une société ivoirienne active dans la production, le conditionnement et l’exportation de mangues. Cette opération, dont le montant n’a pas été dévoilé, renforce sa présence en Afrique de l’Ouest, où il possède une filiale opérant au Mali, au Burkina Faso et au Sénégal. Selon les détails publiés, Vergers du Bandama était déjà partenaire exclusif de longue date du groupe. Créée en 2010, la société a exporté plus de 1500 tonnes de mangues fraîches en 2025, principalement vers la France et d’autres marchés européens.

Elle dispose des principales certifications internationales du secteur (Global G.A.P, Rainforest Alliance et Amfori BSCI niveau A) qui facilitent son accès aux distributeurs européens exigeant des standards élevés en matière de qualité, traçabilité et responsabilité sociale. « L’acquisition de Vergers du Bandama, société d’exportation figurant parmi les plus performantes de Côte d’Ivoire, renforce la position de notre Groupe sur la mangue africaine et consolide notre présence en Afrique de l’Ouest. Cette opération s’inscrit pleinement dans notre stratégie de maîtrise de l’amont de notre chaîne de valeur, en particulier sur la filière mangues d’Afrique de l’Ouest », a déclaré Vincent Omer-Decugis, PDG du groupe, lors de l’annonce de la transaction.

Un groupe européen bien ancré en Afrique de l’Ouest

Fondé en 1850, Omer-Decugis & Cie est un groupe familial spécialisé dans les fruits et légumes frais destinés au marché européen. Il opère sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production et l’importation jusqu’au mûrissage, et commercialise chaque année plus de 185 000 tonnes de fruits et légumes. L’entreprise revendique pour l’exercice clos le 30 septembre 2025 un chiffre d’affaires de 284,8 millions d’euros.

Le groupe est progressivement devenu un des principaux opérateurs de la filière mangue en Afrique de l’Ouest, par le biais de sa filiale SIIM, bien implanté en Côte d’Ivoire ainsi que dans d’autres pays de la région, en l’occurrence le Mali, le Burkina Faso et le Sénégal. Omer-Decugis & Cie estime détenir aujourd’hui une part d’environ 30% des volumes de mangues fraîches exportés vers l’Europe durant la campagne annuelle africaine, soit plus de 13 000 tonnes expédiées par voie maritime en 2025, auxquelles s’ajoutent près de 500 tonnes transportées par avion.

« Nos sites de production en Afrique et en Amérique latine constituent par ailleurs une base solide durable, garantissant à nos clients un approvisionnement fiable à moyen et long terme, sur nos gammes particulièrement porteuses auprès des consommateurs européens », a indiqué Vincent Omer-Decugis lors de la publication des résultats annuels en novembre dernier.

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Une filière ivoirienne à fort potentiel, mais encore peu valorisée

L’acquisition intervient à un moment où la filière mangue ivoirienne conjugue progression et fragilités. Selon des données relayées plus tôt cette année par Agence Ecofin, qui cite des acteurs du secteur, la Côte d’Ivoire a exporté en 2024 environ 32 000 tonnes vers l’Europe, pour une production estimée à 180 000 tonnes. Malgré une demande soutenue et une qualité jugée globalement satisfaisante, une part importante de la récolte échappe encore aux circuits de commercialisation, en raison notamment des pertes post-récoltes, des aléas climatiques et des contraintes liées à la gestion de la mouche des fruits.

Les efforts renforcés de surveillance phytosanitaire ont toutefois contribué à limiter les interceptions aux frontières européennes. Dans ce contexte, la filière cherche depuis plusieurs années à consolider des maillons encore fragiles, identifiés par les professionnels comme déterminants, qu’il s’agisse de la préparation des lots, de la maîtrise des normes ou de la régularité logistique indispensable à l’accès au marché européen.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

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