Le Caire cherche à adapter son réseau aux ambitions de sa transition énergétique. La capacité à transporter et intégrer l’électricité renouvelable devient désormais une condition essentielle pour atteindre les objectifs du pays en matière d’énergie propre.
Alors que l’Égypte accélère le développement des énergies renouvelables, la capacité du réseau électrique à absorber cette nouvelle production devient un enjeu central. Dans ce cadre, le gouvernement a approuvé la semaine dernière un financement de 37 millions d’euros destiné au projet de renforcement du réseau électrique du programme Nexus eau-alimentation-énergie (NWFE). L’enveloppe comprend une subvention d’investissement de 35 millions d’euros de l’Union européenne et une subvention de coopération technique de 2 millions d’euros de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Le projet vise à améliorer la stabilité du réseau national de transport et de distribution d’électricité et à renforcer sa capacité à intégrer davantage d’énergie éolienne. Il s’inscrit dans la stratégie égyptienne pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables à l’horizon 2030.
Lancé en 2022, le programme NWFE mobilise des financements climatiques et des investissements privés pour soutenir des infrastructures prioritaires liées à la transition énergétique. Son volet énergie, piloté par la BERD, accompagne notamment la modernisation des infrastructures nécessaires à l’intégration des nouvelles capacités renouvelables.
La modernisation du réseau au cœur de la stratégie énergétique
L’Égypte prévoit de raccorder environ 22 GW de capacités renouvelables au réseau d’ici 2030, soit un volume correspondant à la demande électrique d’environ 10 millions de foyers. Cette ambition nécessite toutefois une adaptation des infrastructures d’acheminement, avec le renforcement des lignes haute tension et la modernisation des postes électriques.
Les investissements ciblent notamment les zones à fort potentiel renouvelable, comme le golfe de Suez et les régions de la mer Rouge, où se concentrent plusieurs projets solaires et éoliens. L’objectif est de permettre l’évacuation de cette production vers les centres de consommation et de limiter les contraintes sur le réseau.
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Cette évolution intervient alors que le système électrique égyptien reste encore largement dominé par les combustibles fossiles, qui représentent environ 87 % de la production d’électricité, contre environ 7 % pour le solaire et l’éolien, selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). La capacité renouvelable installée était estimée à 9 258 MW fin 2025.
Dans ce contexte, l’enjeu n’est plus seulement d’ajouter de nouvelles capacités de production, mais de garantir leur intégration effective dans le système électrique. Le renforcement du réseau doit permettre d’améliorer la qualité de l’approvisionnement, de réduire les pertes et de soutenir la sécurité énergétique du pays.
Un engagement européen plus large pour transformer le réseau
Le financement de 37 millions d’euros s’inscrit dans une mobilisation plus large des partenaires européens en faveur des infrastructures électriques égyptiennes. En juin 2026, l’Égypte et l’Union européenne ont annoncé un programme de 690 millions d’euros destiné à moderniser et étendre le réseau national d’acheminement d’électricité.
Cette opération fait partie d’un programme global estimé à 1,6 milliard d’euros, dont près de 44% seront couverts par l’UE. Le solde sera assuré par l’Egyptian Electricity Transmission Company (EETC) et d’autres mécanismes de financement.
La BERD avait également annoncé en décembre 2025 un financement pouvant atteindre 200 millions d’euros pour l’EETC, comprenant un prêt de 165 millions d’euros et une subvention européenne de 35 millions d’euros. Cette opération prévoit notamment la modernisation d’un poste
électrique de 500 kV dans le gouvernorat du Caire et la construction d’une ligne haute tension capable d’évacuer plus de 2,1 GW d’électricité renouvelable depuis le golfe de Suez.
Ces investissements doivent contribuer à réduire les pertes du réseau et à éviter environ 22 584 tonnes équivalent CO₂ d’émissions annuelles. Ils accompagnent également le retrait progressif de certaines centrales thermiques prévu dans le cadre du volet énergétique du programme NWFE.